L’hôpital de référence Dogta Lafiè marque une avancée dans le traitement des maladies cardiovasculaires à travers une campagne de chirurgie cardiovasculaire qui s’est déroulée du 3 au 15 mai 2026, ouvrant ainsi une nouvelle page dans la modernisation du système de santé national.
Reconnu pour disposer du plateau technique le plus moderne de la sous-région, l’hôpital Dogta-Lafiè ambitionne de réduire considérablement les évacuations sanitaires vers l’étranger pour les patients souffrant de pathologies cardiaques. Au terme d’une semaine d’intenses interventions, huit patients atteints de pathologies cardiaques complexes, notamment des malformations congénitales et des lésions valvulaires acquises, ont été opérés avec succès. Cette performance médicale et organisationnelle positionne désormais Dogta-Lafiè parmi les centres hospitaliers les plus performants de la sous-région, capables de répondre aux standards internationaux.
Cette campagne bénéficie du soutien d’experts venus du Sénégal et du Burkina Faso. L’équipe sénégalaise est conduite par le Professeur Gabriel Ciss, tandis que l’équipe burkinabè est dirigée par Dr Sawadogo Adama. Grâce à cette collaboration, les chirurgiens togolais réalisent désormais des opérations à cœur ouvert et à cœur fermé.

Organe vital du corps humain, le cœur bat en moyenne 100 000 fois par jour. Fragile et sensible aux habitudes de vie, il nécessite, en cas d’intervention, une prise en charge hautement spécialisée.
La réussite des opérations repose sur une étroite collaboration entre chirurgiens, cardiologues, anesthésistes et personnels paramédicaux des services de réanimation et du bloc opératoire. Pour Eyouvei Akata, cette initiative répond à une nécessité sanitaire majeure. « L’idée de la création de Dogta-Lafiè est d’améliorer les soins de qualité des populations et de réduire de façon significative le nombre d’évacuations sanitaires à l’étranger. La chirurgie cardiaque représentait encore l’un des derniers domaines où la dépendance extérieure persistait », a-t-il expliqué.
Le Directeur Général souligne que de nombreux patients continuaient d’être évacués hors du pays pour des problèmes cardiaques, malgré la présence de chirurgiens cardiovasculaires togolais compétents. C’est ce constat qui a motivé l’organisation de cette campagne avec l’appui des experts étrangers, après une évaluation préalable des installations techniques de l’hôpital.
Il a également salué l’accompagnement des partenaires institutionnels, notamment celui du Pésident du Conseil et de la Direction Générale de la CNSS, qui ont contribué au lancement de cette opération médicale. Grâce à cet appui, le coût des interventions a pu être réduit à environ huit millions FCFA par patient, contre 10 à 15 millions FCFA habituellement.
L’un des éléments majeurs de cette campagne reste l’utilisation d’un appareil de circulation extracorporelle de dernière génération, un équipement rare en Afrique subsaharienne. Le Professeur Gabriel Ciss a d’ailleurs exprimé son admiration devant ce niveau d’équipement, estimant que peu de centres africains disposent actuellement d’une telle technologie. Pour les responsables de la mission, cette campagne constitue surtout une étape vers l’autonomie complète des équipes nationales. L’objectif affiché est de transmettre les compétences nécessaires afin que les professionnels togolais puissent, à terme, conduire seuls les opérations cardiovasculaires.
Le ministre de la Santé, Jean‑Marie Tessi, a salué une avancée majeure pour le système sanitaire national. Il a rendu hommage à l’ensemble des équipes mobilisées, des cardiologues aux anesthésistes-réanimateurs, en passant par les paramédicaux et les logisticiens.
Au-delà des soins apportés aux patients, cette campagne vise aussi un important transfert de compétences au profit des équipes médicales togolaises, afin de renforcer durablement l’autonomie du pays dans le domaine de la chirurgie cardiovasculaire.
Yao KPOWOADAN










