Jeux du Commonwealth 2026 : Bilan de la participation du Togo

Ils sont au total dix athlètes à représenter le Togo aux Jeux du Commonwealth Glasgow 2026, notamment en athlétisme, en boxe et en judo, pour une première participation du pays à cette compétition. Si aucune médaille n’a été remportée, cette expérience constitue, selon le président du CGA Togo (Commonwealth Games Association Togo), Deladem Akpaki et le président de la Commission Préparation Olympique et Sport de Haut Niveau, Benjamin Boukpeti, une base solide sur laquelle bâtir les futures ambitions du pays.

Le président du CNO-CGA-Togo confiant pour l’avenir

Après avoir remercié les autorités togolaises et le ministre des Sports pour l’accompagnement et le soutien de la délégation togolaise, Deladem Akpaki reconnaît que les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes. Toutefois, il préfère remplacer ces performances dans le contexte d’un vaste projet de reconstruction du sport de haut niveau togolais. Selon lui, cette participation s’inscrit dans une stratégie à long terme menée par la Commission des athlètes de haut niveau dirigée par le champion olympique, Benjamin Boukpeti. Il a d’ailleurs salué l’engagement de ce dernier dans la mise en œuvre de cette nouvelle dynamique.

Le président de CGA-Togo souligne que la délégation togolaise était composée en grande majorité de très jeunes sportifs, engagés pour la première fois dans une compétition d’un tel niveau. « En judo, nous avions des athlètes de 18 ou 21 ans. En athlétisme également, ce sont de très jeunes compétiteurs. Nous sommes dans une logique de construction avec un objectif clair : Brisbane 2032. Ces Jeux étaient leur premier grand test international », explique-t-il.

Face à des adversaires parmi les meilleurs mondiaux, les représentants togolais ont acquis une expérience précieuse. Akpaki Deladem rappelle notamment que les judokas togolais, classés au-delà de la 300ème place mondiale, ont affronté des adversaires figurant dans le Top 100, voire le Top 50 du classement international. Malgré ces écarts importants, il estime que leurs prestations démontrent que le travail entrepris porte déjà ses premiers fruits. « Matthéo et Médéric n’ont rien lâché. Ils sont allés jusqu’au bout de leurs combats. Cela montre que la stratégie mise en place sera payante si nous poursuivons nos efforts », indique le président du CGA-Togo.

Revenant sur l’organisation de cette première participation du Togo aux Jeux du Commonwealth, quatre ans seulement après l’adhésion du pays à la famille du Commonwealth, Akpaki Deladem reconnaît que le défi était de taille. Il explique que cette première expérience a nécessité d’importants efforts de mobilisation, notamment sur le plan financier et organisationnel. Malgré les difficultés, il se réjouit de la collaboration étroite entre le gouvernement togolais et le CNO-CGA Togo. « Rien n’est facile. Comme les athlètes doivent travailler dur à l’entraînement, nous devons, de notre côté, convaincre et mobiliser les moyens nécessaires pour leur offrir les meilleures conditions possibles. Aujourd’hui, il existe une véritable synergie entre le gouvernement et le CNO-CGA Togo, et nous souhaitons qu’elle se renforce davantage. Ce sont les athlètes qui sont au centre de notre action. Leur sélection repose sur leur classement, les critères des fédérations internationales, mais aussi leur comportement et leur capacité à incarner les valeurs olympiques », déclare-t-il, avant de préciser que la Commission des athlètes de haut niveau assure également un important travail de coordination avec les différentes fédérations afin de construire une véritable équipe olympique nationale.

Pour conclure, le président du CNO-CGA Togo adresse un message aux autorités togolaises. Sans réclamer davantage qu’une continuité dans les efforts entrepris, il souhaite voir se renforcer l’engagement collectif autour du sport de haut niveau. « Nous avons besoin de plus de synergie, de plus de complicité et de plus d’engagement afin de permettre à tous ces jeunes talents d’éclore et de porter encore plus haut les couleurs du Togo », commente-t-il.

Benjamin Boukpeti parle des enseignements majeurs

Benjamin Boukpeti a d’abord tenu à remercier l’ensemble des acteurs ayant contribué à cette première participation historique du Togo. Sur le plan sportif, il reconnaît que le niveau de la compétition a rappelé l’ampleur du travail restant à accomplir. Tous les représentants togolais ont quitté la compétition dès leur entrée en lice, une réalité qui met en évidence l’écart existant avec les meilleures nations du Commonwealth. « La première chose que je peux dire, c’est que cette participation reste une réussite. C’est la première participation du Togo aux Jeux du Commonwealth avec dix athlètes présents. Le Togo existe désormais sur la carte des Jeux du Commonwealth et c’est une immense satisfaction. Tout s’est déroulé correctement du début à la fin, ce qui constitue déjà un premier succès », souligne-t-il. «Ces Jeux sont d’un niveau extrêmement élevé. Nos athlètes ont été éliminés au premier tour, ce qui montre que notre niveau n’est pas encore suffisant pour viser des demi-finales ou des finales. Mais ce constat ne doit pas masquer les signaux positifs observés chez certains jeunes », analyse Benjamin Boukpeti.

Il cite notamment le boxeur Ramzy Salifou (+90 kg) et le judoka Mattheo Lawson (-73 kg), deux athlètes âgés de seulement 21 et 22 ans, qui ont livré des prestations encourageantes face à des adversaires de très haut niveau. « Mattheo perd contre celui qui terminera médaillé de bronze. Quant à Ramzy, son adversaire est passé tout près de la finale. Cela montre qu’ils ne sont plus très loin du niveau des meilleurs et qu’ils peuvent devenir de sérieux prétendants lors des prochaines échéances. », commente le champion olympique de Beijing 2008.

Habitué aux exigences du très haut niveau en tant qu’ancien athlète, Benjamin Boukpeti explique que son nouveau rôle est totalement différent. «Performer soi-même est une chose. Faire performer toute une équipe en est une autre. Aujourd’hui, il faut coordonner les fédérations, les entraîneurs, les directions techniques nationales, le ministère, le staff médical et les athlètes. Chacun doit parfaitement comprendre son rôle.», décrit-il. A Glasgow, il estime que l’ensemble de la délégation a affiché une attitude exemplaire. «Les rôles étaient clairement définis. Les athlètes, les entraîneurs, le staff médical, le management, les médias et la cheffe de mission ont travaillé dans une excellente coordination. Maintenant, il faut réussir à maintenir ce niveau d’organisation tout au long de l’année et non seulement pendant les Jeux.», poursuit Benjamin Boukpeti.

Selon lui, les grandes nations sportives investissent énormément pour décrocher leurs médailles. Le Togo doit donc accepter que la progression soit un processus de longue durée. « Les médailles ne tombent pas du ciel. Il faut apprendre, progresser, mettre chacun dans les meilleures conditions et construire un véritable système de performance. Le professionnalisme ne se limite pas au statut d’athlète rémunéré. Il s’agit surtout d’une véritable démarche de performance. Fixer des objectifs, mesurer les progrès, travailler avec un encadrement structuré et remettre régulièrement son travail en question sont, selon lui, les fondements de la réussite. », affirme-t-il.

Parmi les enseignements majeurs de Glasgow, Benjamin Boukpeti place la préparation mentale au premier rang des priorités. Il explique avoir découvert à quel point l’état psychologique des entraîneurs influence directement celui des athlètes. « Un entraîneur stressé ne peut pas transmettre de la sérénité à son athlète. Nous devons désormais préparer mentalement les coaches avec autant de sérieux que les sportifs eux-mêmes. C’est un domaine où nous avons énormément à gagner. Notre plus grand défaut est de ne pas croire suffisamment en nous-mêmes. Beaucoup pensent qu’il faut avoir les moyens des États-Unis ou de la Chine pour réussir. Pourtant, avec des talents bien accompagnés, des entraîneurs compétents et les bons soutiens au bon moment, il est possible de réaliser de grandes performances. Au très haut niveau, ce n’est plus l’entraîneur qui est la vedette. C’est l’athlète. Nous devons nous mettre à son service afin de lui permettre d’exprimer pleinement son potentiel. Notre plus grand défaut est de ne pas croire suffisamment en nous-mêmes », fait-il observer.

Il insiste également sur la valeur exceptionnelle des Jeux du Commonwealth comme étape de progression. Il rappelle que les performances réalisées en demi-finales d’athlétisme à Glasgow sont proches de celles observées aux Jeux olympiques. « Ces Jeux offrent une occasion unique à nos athlètes de se mesurer à l’élite mondiale. C’est une expérience qu’il faut capitaliser sur plusieurs années. Si nous poursuivons ce travail pendant cinq ou six ans avec cette génération, nous pouvons raisonnablement espérer voir des Togolais atteindre les demi-finales, les finales et pourquoi pas viser des médailles. », fait-il savoir.

Cette première participation du Togo aux Jeux du Commonwealth marque ainsi le début d’un nouveau cycle olympique. Au-delà des résultats immédiats, Glasgow 2026 apparaît comme une étape fondatrice d’un projet de long terme visant à installer durablement le pays dans le concert du sport international.

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