Le rapport portant sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, édition 2024, a été présenté hier mercredi 27 novembre 2024 à l’Université de Lomé par le Fonds Monétaire International (FMI) au Togo, en présence des étudiants de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG) et de leurs doyens. Sous le thème « entre réformes et grandes espérances », ce rapport relève trois tendances positives, trois tendances négatives et met en exergue trois priorités pour l’action publique des gouvernements. Le cas du Togo a été également évoqué.
Les principales conclusions de ce rapport font état de trois tendances positives. Il s’agit de la réduction des déséquilibres macroéconomiques, la réouverture des marchés internationaux et la reprise économique timide. « Les déséquilibres macroéconomiques ont commencé à se résorber. Je veux parler de déficit budgétaire, l’inflation en baisse, les pressions sur les taux de change qui se sont réduites. L’accès au financement extérieur, c’est la deuxième bonne nouvelle positive qui est arrivée pour la sous-région. La troisième tendance positive, c’est le fait que la croissance a repris, même si elle est encore timide », a déclaré Maximilien Kaffo, Représentant Résident du FMI au Togo.
Les trois tendances négatives ou les trois difficultés persistantes relevées dans le rapport concernent le fait que malgré l’amélioration de la position extérieure des pays de la sous-région, il y a encore beaucoup de pays qui n’ont pas accès au financement. « Cette pénurie de financement persiste et les taux d’intérêt continuent d’être élevés pour ceux qui veulent lever des financements sur des marchés internationaux. La deuxième difficulté qui persiste, c’est au niveau de la croissance. Elle reste faible par rapport au niveau requis pour réduire l’écart entre les pays de la sous-région et les autres pays en développement et les pays avancés. La troisième mauvaise nouvelle, c’est le fait qu’on observe dans la sous-région, une sorte de frustration liée aux réformes mises en place par les gouvernements de la sous-région. Ces frustrations viennent du fait que le coût de la vie est chère et les augmentations liées au fisc ne sont accueillies favorablement et les populations sont fatiguées après avoir subi une succession de chocs qui a réduit leur pouvoir d’achat de façon considérable », a indiqué Maximilien Kaffo.
Le rapport aborde également trois priorités pour l’action publique pour les gouvernements de la sous-région. La première, c’est de trouver le bon équilibre, le bon dosage entre les différentes politiques économiques que les pays doivent mettre en place, en tenant compte des déséquilibres qui existent. Si ces derniers sont importants, le rapport précise qu’il faut aller vers des réformes pour s’attaquer aux problèmes très rapidement.
La deuxième recommandation consiste à demander aux gouvernements de continuer l’assainissement des finances publiques, en s’assurant de protéger les dépenses essentielles et les dépenses qui favorisent les populations vulnérables.
La dernière recommandation, c’est de mettre en place un cadre institutionnel qui favorise la confiance des populations par rapport aux réformes qui seront mises en œuvre. « Toutes les politiques qui vont dans le sens de l’amélioration de la gouvernance et de la transparence au niveau des finances publiques seront les bienvenues pour renforcer la confiance des populations par rapport aux mesures que les gouvernements seront obligés de prendre pour pouvoir résoudre les challenges auxquelles ils font face en ce moment », a affirmé le Représentant Résident du FMI au Togo.
Le cas du Togo
Sur le cas précis du Togo, le Représentant Résident du FMI au Togo informe qu’en ce qui concerne la croissance, la performance du pays est au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne. « Pour les finances publiques, les autorités se sont engagées à ramener le déficit à 3% d’ici à 2025, ce qui est un objectif vraiment louable et elles ont commencé à le faire. Les premiers éléments que nous avons, nous donnent de penser qu’elles vont être capables de nous ramener ce déficit à environ 4,5% du PIB cette année quand on exclut les dépenses liées à la restructuration du secteur financier. Le Togo a la chance d’être vu dans la sous-région comme un pays réformateur, ce qui lui accorde cet avantage d’avoir accès à des financements concessionnels », a-t-il fait savoir.
Nicolas EDORH










