La session de haut rang de Deladem Akpaki sur le nouveau rôle des CNO

Le XIVème Forum International des Sports baptisé « Russie : Terre de Sport », s’est déroulé du 21 au 23 octobre 2026 à Krasnoyarsk (Fédération de Russie). L’évènement a réuni des champions olympiques, des experts de l’industrie sportive, des présidents de Comités nationaux olympiques et des journalistes. Le président du Comité national olympique du Togo, Deladem Akpaki, a pris activement part aux travaux, dans le cadre d’une session consacrée au thème : « Plus que du sport : le nouveau rôle des comités nationaux olympiques ».

Le programme « Fit for the Future » ​​du Comité International Olympique (CIO) invite le mouvement olympique à s’adapter à un monde en constante évolution et aux nouvelles exigences : attirer les jeunes générations, rivaliser avec les réseaux sociaux, l’industrie du jeu vidéo et les écosystèmes numériques, prendre en compte les enjeux environnementaux et infrastructurels, et surtout, optimiser la gestion et le personnel. Les Comités Nationaux Olympiques (CNO) pourraient jouer un rôle moteur dans la réussite de ce programme, leur mandat dépassant largement le cadre traditionnel de la préparation des athlètes et de leur inscription aux compétitions olympiques. Les CNO deviennent des centres de développement du capital humain, de diplomatie sportive, d’innovation numérique et d’initiatives sociales, ainsi que des points de ralliement pour les mouvements de jeunesse. A quoi devrait ressembler le CNO de demain ? Quelles nouvelles compétences seront nécessaires ? Comment le mouvement olympique peut-il conserver toute sa pertinence face à la transformation mondiale du sport, des technologies et de la société ? Comment rendre le sport attractif pour les jeunes ?

C’est à ces interrogations auxquelles Deladem Akpaki a apporté des éléments de réponse dans un panel composé de Michael Degtyarev, ministre des Sports de la Fédération de Russie, président du Comité olympique russe, Vladimir Kuvalja, Directeur de la Fédération cycliste de la Republika Srpska, Ambassadeur sportif des BRICS pour le développement du cyclisme et du sport chez les jeunes dans les pays BRICS, Shadrack Maluki Kitili, président du Comité national olympique du Kenya, Adam Mthethwa, président de l’Association des Jeux Olympiques et du Commonwealth d’Eswatini et Siteny Thierry Randrianasoloniaiko, président du Comité national olympique de Madagascar, vice-président de la Fédération internationale de judo.

Selon le président du CNO-CGA-Togo, l’éducation, l’engagement des jeunes et le développement durable sont des domaines qui ne sont pas en concurrence en milieu sportif. Ils forment une seule chaîne, a-t-il indiqué. « Mais si l’on me demande où se trouve le véritable levier, je réponds sans hésiter : l’éducation. C’est elle qui rend l’engagement des jeunes et le développement durables possibles — et surtout durables », a-t-il précisé.

Il affirme qu’un centre olympique est d’abord un équipement éducatif. A titre d’exemple, il cite le centre OlympAfrica de Lomé, puis le second, en cours de finition à Asrama, à 100 kilomètres au nord de la capitale, qui comprennent un terrain de football, une piste d’athlétisme, des espaces multisports et une aire de jeux pour les enfants. « Nous ne construisons pas des stades : nous construisons des écoles de vie », a-t-il déclaré. « L’éducation par les valeurs, concrètement, c’est aussi ouvrir à nos athlètes des parcours de transition de carrière en éthique et intégrité sportives : préparer l’après-compétition, c’est déjà de l’éducation », a poursuivi Deladem Akpaki.

L’engagement des jeunes, pour lui, passe par des formats qui leur parlent. Au cours de l’année écoulée, le Togo a participé aux Jeux scolaires d’Alger et aux Jeux de la jeunesse de Luanda, et le pays a porté les Jeux de Zone 3 de l’ACNOA à Ouagadougou, où il a remporté 23 médailles. « Nous nous préparons désormais à Dakar 2026 — les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le sol africain, dans quelques jours », a-t-il informé.

« Quant au développement durable, il n’est pas un supplément d’âme. Le sport togolais a porté, à Paris 2024, un projet de reboisement, aujourd’hui prolongé par l’athlète Naomi Akakpo et sa Forêt Naomi Akakpo, qui se développe bien. Un sport qui ne laisse derrière lui ni un jeune sans projet, ni un territoire sans arbres, n’a pas seulement gagné des médailles ; il a gagné une génération », a-t-il fait savoir.

Un format de coopération efficace

Dans sa contribution à la session lors de ce Forum, Deladem Akpaki a laissé entendre que ce qui facilite le plus les accords entre comités nationaux, ce n’est ni la taille ni la puissance, mais plutôt la clarté d’un projet commun et un cadre qui sécurise durablement la confiance. Sur ce point, trois formats fonctionnent, selon ses dires.

Il s’agit du dialogue direct entre dirigeants. Il a souligné que ses échanges avec le Comité national olympique d’un pays ami le montrent : un dossier avance dix fois plus vite quand deux présidents et deux secrétaires généraux se parlent directement, sans intermédiaire.

Il a également évoqué le protocole d’accord régional, en citant la première édition des Jeux de Zone 3 de l’ACNOA qui s’est appuyée sur un protocole d’accord signé entre le CNO du Togo et ses partenaires : la contractualisation écrite transforme une bonne intention en engagement reproductible.

Enfin, les programmes de la Solidarité Olympique. « Bourses pour les athlètes, formation des entraîneurs et des dirigeants, éthique et intégrité : c’est le langage commun du Mouvement, celui qui donne à tous les mêmes règles du jeu. Un accord ne tient pas parce qu’il est signé, mais parce qu’il est utile aux deux parties — et vérifiable par les deux », a-t-il fait remarquer.

Pour conclure, le président de la Fédération Togolaise de Judo a parlé de l’immuabilité de la Charte olympique. « Le sport comme droit de l’homme, l’universalité, le refus de toute discrimination, l’autonomie du sport, la loyauté. Cela, aucun congrès, aucune réforme, aucune technologie ne le modifie. L’adaptable, c’est tout le reste : règles de compétition, calendriers, formats, outils numériques. Nous changeons tout ce qui empêche le sport d’atteindre le plus grand nombre ; nous ne changeons rien de ce qui le rend digne. », a-t-il insisté.

Comment les CNO peuvent-ils rester fidèles aux principes olympiques sans être marginalisés par les réformes en cours ?

« La bonne frontière n’est pas entre la tradition et le changement, mais entre ce qui est immuable et ce qui est adaptable. Confondre les deux, c’est soit figer le Mouvement, soit le dissoudre », a-t-il ajouté, en prenant l’exemple de Dakar 2026 qui, à son sens, est décisif : nouveaux formats, nouvelles disciplines, épreuves mixtes, jeunesse africaine au centre — la preuve que l’adaptation sert les valeurs au lieu de les diluer. « Sur la technologie, une règle de conduite : elle doit servir l’athlète — services, données, protection, éducation antidopage — jamais le remplacer. L’humain reste la mesure de tout progrès. La tradition n’est pas ce qui reste immobile : c’est ce qui reste vrai. C’est à cette seule condition que le sport restera plus grand que le sport », a-t-il conclu.

Nicolas EDORH

Partager cet article
Articles en relation

La Nouvelle Tribune

Hebdomadaire togolais d’investigaton, d’analyses et de publicité.

Adresse : Djidjolé  | +228 91 90 48 04  |  contact@lanouvelletribune.tg

Récépissé N°0546/31/05/16/HAAC

Abonnez-vous à notre newsletter

Copyright © La Nouvelle Tribune

error: Contenu protégé !!