Coris Bank International Togo (CBI Togo) a réaffirmé son engagement aux côtés de la jeunesse togolaise à travers sa solution digitale Coris Money lors de la grande finale de Miss Campus Togo 2025. Elle a ainsi sensibilisé davantage la jeunesse pour une finance accessible, inclusive et résolument tournée vers l’avenir. La grande finale de Miss Campus Togo s’est tenue dans une ambiance vibrante et festive ce samedi à Kara, en présence de nombreux invités, autorités locales et partenaires, dont Coris Bank International Togo (CBI Togo), représentée par Julien Lamatetou de la Division Marketing et Communication. Au nom du Directeur Général de CBI Togo, Alassane Kaboré, il a salué « une initiative majeure, placée à juste titre sous le signe de l’innovation et de l’excellence ». Il a réaffirmé l’engagement de CBI Togo à accompagner la jeunesse togolaise dans ses aspirations, à travers des actions concrètes et inclusives. Dans cette dynamique, Coris Bank International a lancé, depuis le 1er mai 2025, la campagne « Coris Money Zéro franc », une campagne d’accessibilité renforcée à sa solution digitale Coris Money, en rendant gratuits et sans frais les opérations de retrait et les paiements de factures CEET, TdE et CashPower. Une démarche saluée par les étudiants présents, en quête de solutions simples, fiables et économiques pour leur quotidien. Cette présence aux côtés de Miss Campus Togo s’inscrit pleinement dans la stratégie RSE de la banque, qui se veut citoyenne, inclusive et tournée vers l’avenir. A travers ce partenariat, CBI Togo confirme sa volonté de promouvoir les activités estudiantines, les valeurs de leadership et d’audace, portées par les jeunes femmes engagées dans cette compétition. À l’issue de la soirée, le titre de Miss Campus Togo 2025 a été attribué à Mlle Amegee Akoss Xolasé, étudiante en 1ère année de Sciences économiques et de gestion, option Marketing et stratégie à l’Université de Lomé. Elle est suivie de Mlle Lawson Latré Mawuena Bienvenue (1ʳᵉ Dauphine, IAEC) et de Mlle Tchedre Françoise Xavier (2ᵉ Dauphine, Université de Kara). Cette soirée a été l’occasion pour CBI Togo de rappeler à la population de Kara, la campagne de promotion 0F sur Coris Money. En effet, les retraits et paiements de factures CEET, TdE et CashPower sont gratuits depuis le 1er mai 2025.
FESNAD : Le Togo célèbre l’authenticité de ses danses traditionnelles
La grande finale de la 8ème édition du Festival national des danses traditionnelles du Togo (FESNAD) s’est tenue le samedi 26 avril 2025 à Lomé, dans une ambiance festive et empreinte de fierté culturelle. Six groupes folkloriques représentant les six régions administratives du pays ont été honorés pour leur prestation artistique, chacun repartant avec un chèque de 1,5 million de francs CFA, un trophée et une attestation de participation. Organisé par le ministère de la Culture en partenariat avec le Conseil de l’Entente, le Festival s’inscrit cette année dans le cadre de la célébration du 65ème anniversaire de l’indépendance du Togo. Le thème retenu pour cette édition est : « Nos danses, notre identité, notre fierté ». Les groupes finalistes ont été sélectionnés à l’issue de phases préfectorales puis régionales, avant de se produire lors de l’apothéose à Lomé. Parmi eux, Talkoutk (Tandjouré) pour la région des Savanes, Kourgnima (Bassar) pour la Kara, Kpadja (Sotouboua) pour la Centrale, Tchébé (Ogou) pour les Plateaux-Est, Assafo Wu (Kloto) pour les Plateaux-Ouest, Kikan (Djidjolé) pour le Grand Lomé. La ministre de la Communication, des Médias et de la Culture, Yawa Kouigan, a salué la vision pragmatique du Président du Conseil en matière de valorisation de la tradition, tout en rendant hommage aux anciens ministres et partenaires qui ont contribué à la création et à la consolidation de ce festival. Elle a rappelé que cette apothéose ne constituait pas une compétition, mais plutôt une vitrine de la diversité culturelle nationale et un symbole de complémentarité entre les régions. Des distinctions ont été décernées à plusieurs personnalités pour leur contribution significative au développement du FESNAD depuis sa création. Le festival, devenu un rendez-vous incontournable de la scène culturelle togolaise, constitue un véritable creuset d’expression de l’identité nationale. Il met en lumière la richesse des rythmes et des danses traditionnelles du Togo, tout en favorisant la transmission intergénérationnelle de ce précieux patrimoine immatériel. Yao KPOWOADAN
Famath Production : 25 ans de passion, de musique et d’engagement culturel !
Une nouvelle page de la culture togolaise s’est écrite le 1er mai 2025 au siège de Famath Production. A l’occasion de ses 25 ans d’engagement au service de la scène artistique nationale, Mathias Fanho, figure du showbiz togolais, a lancé en grande pompe l’acte 2 du Prix Faiseurs de Stars du Togo, rebaptisé cette année PRIX FAIST – Spécial 25 ans. Plus qu’un simple anniversaire, cet événement est pensé comme un jalon majeur, un pont entre le passé et l’avenir de la culture togolaise. Devant une assemblée composée de grandes figures de la musique telles que Wedy, Eric MC ou encore Black Joe, Mathias Fanho a rappelé avec émotion la nécessité de reconnaître, célébrer et soutenir les patriotes culturels qui, depuis des décennies, bâtissent avec passion l’identité artistique du Togo. « A ceux qui se demandent, pourquoi Famath Production fête ses 25 ans de carrière, alors qu’il ne s’agit pas d’un artiste, d’un footballeur ou autre, je réponds que Famath Production est une légende dans la détection, la promotion et la production de plusieurs artistes togolais qui ont fait et continuent de faire la pluie et le beau temps au Togo et sur des scènes internationales. Il est donc normal que nous marquions une pause pour célébrer nos 25 ans de carrière », a déclaré Mathias Fanho, PDG de Famath Production. Une édition spéciale pour une vision collective « Célébrons nos patriotes engagés ! », a lancé le PDG de Famath Production, insistant sur un message fort : la culture togolaise a besoin de reconnaissance et de ressources. A travers le PRIX FAIST – Spécial 25 ans, Mathias Fanho veut rendre hommage à une génération d’artistes, d’acteurs culturels, de promoteurs et d’artisans de l’ombre qui ont contribué à faire rayonner le Togo sur le plan national et international. Cette deuxième édition du prix s’inscrit dans une démarche ambitieuse et transversale. Elle ne se limite pas à une simple remise de trophées, mais s’accompagne d’un vaste programme culturel qui s’étendra jusqu’en octobre 2025. Au menu de cet anniversaire, une tournée internationale, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, des soirées culturelles, des conférences, des expositions, des ateliers, des campagnes de sensibilisation sur la santé publique et un grand concert patriotique au Togo où sera lancé un album collectif de 25 titres, réunissant 25 artistes phares de la scène togolaise. Un parcours au service de la culture et de l’innovation Depuis la fin des années 90, Mathias Fanho a marqué de son empreinte la scène hip-hop togolaise. Promoteur de concepts populaires dans la musique comme Agban Agbodji, EdjiGomé, ou Togoamé, il a permis l’éclosion de nombreux talents. Son engagement dépasse aujourd’hui le cadre artistique. Lors de cette conférence de presse, il a annoncé de nouvelles orientations dans les domaines de l’immobilier, du génie civil, de l’assistance juridique, illustrant une volonté d’œuvrer pour le développement global du pays. Avec le PRIX FAIST TOUR, Mathias Fanho invite la diaspora, les partenaires culturels et les citoyens à s’unir pour pérenniser les acquis culturels et construire une industrie créative forte, inclusive et durable. A travers cette initiative, Mathias Fanho ne célèbre pas une fin, mais un nouveau départ. Le PRIX FAIST – Spécial 25 ans incarne une volonté de faire de la culture un levier central du développement du Togo. Et surtout, pour ne jamais oublier ceux qui, dans l’ombre ou sous les projecteurs, œuvrent à la grandeur artistique de la nation. Yao KPOWOADAN
Akoko Amedon expose « Mère Nature » ce vendredi au CETEF
Le 10 mars 2025, le CETEF Togo 2000 a levé le voile sur « Mère Nature », une exposition vibrante célébrant la nature et la puissance créatrice féminine à travers les œuvres d’Akoko Amédon. Depuis plus d’une décennie, l’artiste peint des toiles figuratives aux couleurs vives, explorant les paysages lunaires, marins et montagneux, tout en rendant hommage à la féminité, source de mystère et de renaissance. Son art, baptisé WETRI (woétri) – signifiant lune ou mois –, puise dans l’énergie féminine, qui nourrit la vie et la création. A travers ses œuvres, Akoko Amedon invite le spectateur à une contemplation poétique, tout en éveillant une conscience écologique essentielle à la préservation des générations futures. « Mère Nature » : Quand l’art rencontre l’éveil écologique L’exposition « Mère Nature », qui se déroule tout au long du mois de mars à l’étage du pavillon OTI du Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF), nous plonge dans un monde où l’humain et la nature ne font qu’un. Deux œuvres phares captivent particulièrement notre attention. La terre comme une mère bienveillante Dans cette peinture circulaire, Akoko Amédondonne à voir une vision mystique et lumineuse de la Terre-Mère. Le visage d’une femme paisible, les yeux clos, semblent incarner la force vitale de la nature. Ses cheveux tressés de lianes, son corps fusionnant avec les montagnes et les rivières, témoignent d’une connexion sacrée entre l’humain et son environnement. La nature n’est pas seulement un décor ; elle est vivante, protectrice et nourricière.Les couleurs vives, dominées par des tons verts et ocre, insufflent une sensation de plénitude et de fertilité. Ce tableau est une invitation à reconnaître et à respecter la générosité de notre planète, à la préserver comme on prend soin d’une mère aimante. « Dans le Ventre » : Un hymne à la matrice universelle La deuxième œuvre, « Dans le ventre », nous plonge au cœur d’une forêt baignée de lumière. De grands arbres aux troncs puissants laissent filtrer des rayons dorés, illuminant un univers paisible où la faune et la flore cohabitent en harmonie. Au centre de la scène, un renard orange, discret et alerte, incarne la vie sauvage qui peuple cet écrin de verdure. Plus loin, un oiseau prend son envol, tandis que des cerfs évoluent paisiblement dans cette atmosphère empreinte de mystère et de sérénité. Loin d’être un simple paysage, cette œuvre illustre la nature comme un ventre protecteur, un refuge où chaque être trouve sa place et où l’équilibre fragile de l’écosystème est préservé. La lumière et l’ombre dansent sur la toile, créant un effet immersif qui invite à la contemplation et au respect du monde naturel. Un dialogue entre l’art et la société L’inauguration de l’exposition a été précédée d’un panel de discussionssur lethème : « Femmes et pouvoir : briser les frontières, réinventer l’avenir ». Cet échange inspirant a souligné l’importance de redéfinir les structures traditionnelles pour une société plus inclusive, mettant en avant le rôle transformateur de l’art dans ce processus. Vernissage de « Mère Nature » : Une expérience artistique et sensorielle Le public togolais est convié à un moment privilégié lors du vernissage de l’exposition « Mère Nature », le vendredi 28 mars 2025 à 17h30, à l’étage du pavillon OTI. Cette exposition est bien plus qu’une simple présentation d’œuvres. Elle est une immersion dans un univers où la nature dialogue avec l’âme humaine. Chaque toile d’Akoko Amedon résonne comme un appel à la conscience écologique et à la célébration du féminin sacré. Richard LAWSON-BODY
William Adjété Wilson : Un plasticien « indiscipliné »
Né en 1952 d’un père togolais et d’une mère française, William Adjété Wilson est un artiste plasticien autodidacte qui a su imposer sa vision singulière au sein du paysage artistique français et international. Ayant grandi à Orléans, il découvre ses racines africaines lors d’un voyage initiatique au Togo et au Bénin, qui marquera durablement son approche artistique. Installé à Paris dès 1972, il fait ses premiers pas dans le monde de l’art par le dessin et expose pour la première fois en 1976. Au cours des années 1980, il intègre différents collectifs et mouvements artistiques urbains, notamment « La Ruée vers l’art » et « Le Génie de la Bastille ». Son engagement dans l’espace public se manifeste également à travers des collaborations avec les Frères Ripoulin et d’autres artistes investissant la rue et l’affichage publicitaire. Il se familiarise avec diverses techniques, notamment la lithographie dans l’atelier Franck Bordas et la linogravure à l’atelier du Petit Jaunais. Son travail est remarqué par le ministère des Affaires étrangères, qui lui décerne en 1986 le prix Médicis de la Villa Médicis hors les murs, distinction qui vient consacrer son engagement artistique. Une démarche artistique entre mémoire et modernité L’œuvre de William Adjété Wilson s’inscrit dans une quête identitaire et mémorielle qui transcende les clivages culturels. Dans les années 1990, il développe un travail de sculpture à partir d’assemblages de bois de chaises, exposés en France, en Autriche, en Suisse et aux États-Unis. Cette approche traduit son intérêt pour la récupération et la transformation des matériaux, symbolisant la métaphore du voyage et de l’hybridité culturelle. En 1998, il marque un tournant dans sa carrière en illustrant avec 25 pastels l’édition du cinquantième anniversaire de La Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Ce travail réaffirme son engagement envers les thématiques humanistes et son intérêt pour les récits universels. Son regard artistique se déploie aussi dans le domaine de la scénographie et du costume, notamment avec Les Petites Pièces de Berlin de Dominique Bagouet en 1988, où il conçoit les décors et les costumes. Une reconnaissance avec « Paris Noir » En 2025, William Adjété Wilson participe à l’exposition collective Paris Noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 au Centre Pompidou. Cet événement met en lumière la contribution des artistes afrodescendants à la redéfinition des modernités artistiques à travers les décennies. L’exposition se veut une plongée dans un Paris cosmopolite, où se croisent abstraction, surréalisme et figuration libre, illustrant les dialogues entre cultures et mémoires postcoloniales. Une installation majeure de l’exposition reprend le concept de l’Atlantique noir défini par l’intellectuel Paul Gilroy, faisant écho aux travaux d’Édouard Glissant sur le « Tout-Monde ». La participation de Wilson à cet événement souligne son rôle essentiel dans cette dynamique transnationale et intersectionnelle. Parallèlement à sa présence à Paris Noir, William Adjété Wilson publie un ouvrage aux éditions Gallimard, offrant une rétrospective de son parcours et de son œuvre. Ce livre, richement illustré, revient sur son itinéraire d’artiste indiscipliné, rétif aux assignations identitaires et aux catégorisations rigides. Il met en perspective l’influence des cultures africaines, européennes et américaines dans son travail, tout en questionnant la notion de modernité et d’héritage postcolonial. Un artiste hors-norme William Adjété Wilson s’inscrit dans une trajectoire artistique où l’hybridité et la résistance aux classifications sont centrales. Son parcours, jalonné d’expériences diverses allant de l’art urbain à la sculpture, de l’illustration à la scénographie, démontre une capacité rare à transcender les limites des disciplines artistiques. Sa participation à Paris Noir et la publication de son ouvrage chez Gallimard marquent une ènième reconnaissance méritée pour cet artiste dont l’œuvre continue d’interroger les liens entre passé, présent et futur. Ainsi, William Adjété Wilson s’impose comme une figure essentielle pour comprendre les enjeux de l’art contemporain dans un monde en perpétuelle recomposition. Richard LAWSON-BODY
Le cheminement artistique de Kanfitine Yaffah
Né en 1981 à Lomé, Kanfitine Yaffah est un artiste plasticien dont le parcours singulier témoigne d’une quête inlassable d’expression et de sens. Autodidacte formé en sérigraphie, il s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la scène artistique contemporaine togolaise et internationale. Son œuvre, nourrie d’expérimentations et de matières inédites, explore l’interaction entre le visible et l’invisible, entre la matérialité du monde et les dimensions spirituelles qui le traversent. Depuis les années 2000, Yaffah enchaîne expositions et résidences artistiques à travers le monde, de la France au Mali, en passant par la Chine et l’Allemagne. Lauréat de plusieurs prix prestigieux, dont le troisième prix de la première Biennale d’art contemporain en Chine en 2022 et le Prix de l’Institut de Kôré des Arts et Métiers, il a également été récompensé en 2015 par le jury du Musée de Peinture de Saint-Frajou à Toulouse. Ses participations à des salons et festivals internationaux – du Festival du Niger à Ségou au Festival Révél’Art d’Abidjan – témoignent de l’ampleur et de la reconnaissance de son travail. Une signature artistique unique Le travail de Kanfitine Yaffah repose sur une observation sensible du monde et une recherche constante d’innovation dans les matériaux utilisés. Loin de s’en tenir aux médiums conventionnels, il introduit dans ses œuvres, des éléments aussi inattendus que la toile d’araignée, qu’il considère comme un symbole du cheminement de la vie, ou encore l’ardoise, qui rappelle l’importance de l’éducation dans le développement intellectuel. Ses peintures se distinguent par des aplats colorés dynamiques et la présence récurrente de silhouettes filiformes et décharnées, cernées de noir, avec une tâche rouge marquant la cavité buccale. Ce langage pictural reconnaissable entre tous traduit une quête intérieure où la spiritualité prime sur l’esthétique pure. « Ce n’est pas la beauté de l’œuvre qui compte, mais la communication par le rythme originel entre l’univers et l’esprit », confie-t-il. Un art qui interroge et éveille les consciences A travers ses compositions déstructurées et ses jeux de textures, Kanfitine Yaffah crée des œuvres qui interpellent et provoquent une réflexion chez le spectateur. Son travail ne se limite pas à une simple recherche formelle, mais s’inscrit dans une démarche philosophique où l’art devient un langage universel de transmission et de dialogue avec l’infini. Aujourd’hui, alors qu’il continue de repousser les frontières de son expression, Kanfitine Yaffah demeure un artiste en perpétuelle évolution, toujours guidé par cette nécessité de transcender le visible pour toucher l’âme. Richard LAWSON-BODY
Agbodoh-Falschau Robert : Un maître de l’art togolais
Dans le paysage artistique togolais, certains noms font la différence. Agbodoh-Falschau Komlan Robert, connu sous le nom d’artiste Falschau, en fait partie. Peintre talentueux et formateur de plusieurs générations d’artistes, il est aussi le fondateur de la Galerie Sessimé, un espace d’exposition et de création situé à Lomé, dans le quartier d’Apédokoé. Son parcours, marqué par la résilience et la passion, force l’admiration. Dès son plus jeune âge, Robert Falschau a trouvé refuge dans le dessin. Né avec un handicap aux membres inférieurs, il a grandi dans une solitude nourrie par l’impossibilité de jouer et de se mouvoir comme les autres enfants. Mais là où d’autres auraient vu une limitation, il a découvert sa passion. « Mes seuls jouets étaient crayons et papiers, ce qui m’a permis de griffonner mes premiers dessins », raconte-t-il. Influencé par la bande dessinée, il développe rapidement une grande aisance dans le dessin. Bien qu’il se soit arrêté au CM2, cela ne l’a pas empêché de beaucoup lire et de cultiver sa curiosité. Face aux difficultés pour poursuivre une scolarité classique, il décide d’apprendre un métier. En 1984, il commence un apprentissage en calligraphie publicitaire dans l’atelier de monsieur Ohin, un artiste réputé de Lomé. Il y passe trois ans et acquiert une maîtrise technique qui influencera plus tard son travail de peintre. Cependant, son talent ne se limite pas à la calligraphie. Au fil des années, il affine son coup de pinceau et s’immerge de plus en plus dans la peinture. Un enseignant ghanéen, alors en poste au Lycée 2 février à Lomé, lui prodigue de précieux conseils qui renforcent sa vocation. Dès lors, il n’aura de cesser de peindre et de perfectionner son art. Un artiste entre commandes et transmission Contrairement à d’autres artistes qui misent sur des expositions personnelles pour se faire connaître, Falschau a construit sa carrière autrement. Il a très tôt privilégié le travail sur commande, ce qui lui a permis d’avoir un contact direct avec les collectionneurs et amateurs d’art. « Je n’ai jamais vraiment privilégié l’exposition, mais mes œuvres ont toujours trouvé preneur », explique-t-il. Son engagement ne se limite pas à sa propre production. Il a formé et accompagné de nombreux artistes togolais qui, aujourd’hui, vivent de leur métier. « Transmettre est essentiel pour moi. J’ai eu la chance d’acquérir un savoir-faire, et il me semble naturel de le partager », confie-t-il avec humilité. Un style reconnaissable sans être recherché Si Robert Falschau ne revendique pas un style spécifique, son œuvre est pourtant immédiatement identifiable. Il ne s’est pas enfermé dans une recherche stylistique forcée, mais son langage pictural s’est affiné au fil du temps. Son travail est profondément ancré dans la société togolaise. « Mes œuvres parlent de cohésion sociale. L’homme, sa vie quotidienne, ses sentiments et ses défis nourrissent mon langage artistique », souligne-t-il. Ce souci du détail et cette exigence se retrouvent également dans le choix des matériaux. Conscient que la qualité est primordiale, il investit dans du matériel souvent difficile à trouver au Togo. Il importe régulièrement des fournitures d’Europe et les met à disposition des artistes et élèves qui fréquentent sa galerie. Le marché de l’art togolais : entre défis et espoirs Loin d’être pessimiste, Robert Falschau observe avec optimisme l’évolution du marché de l’art au Togo. « Aujourd’hui, avec l’urbanisation galopante et la construction de nouveaux bâtiments, les Togolais consomment de plus en plus d’art », analyse-t-il. Cette transformation est porteuse d’espoir pour les jeunes générations d’artistes qui souhaitent se professionnaliser. Son conseil aux jeunes artistes ? La patience et la formation. « Il ne faut pas être pressé. La vie est une école de patience et tout vient à point nommé. Tout jeune artiste doit se former auprès d’un maître compétent avant de se lancer », affirme-t-il. Son parcours illustre bien cette philosophie. Il n’a jamais obtenu de subventions, que ce soit de l’État ou d’institutions privées. Pour lui, l’essentiel est de créer et de laisser son art parler. Un plaidoyer pour la créativité dès l’enfance Au-delà de son travail personnel, Robert Falschau nourrit une vision plus large pour l’avenir de l’art au Togo. Il plaide pour une intégration plus forte de la création artistique dans le système éducatif. « Il faudrait inculquer aux enfants l’amour des métiers créatifs dès l’école. La création est essentielle pour un développement durable », estime-t-il. Selon lui, le gouvernement togolais a déjà montré des signes d’encouragement envers les artistes, notamment à travers l’intérêt porté par le chef de l’État aux productions artistiques locales. Mais il espère que davantage d’infrastructures culturelles verront le jour et que les financements dédiés aux arts seront renforcés. Avec un parcours marqué par la persévérance, l’indépendance et le partage, Robert Falschau s’impose comme une figure majeure de l’art togolais. Son travail, à la croisée de la mémoire, de l’observation sociale et de l’engagement, témoigne de la richesse de la scène artistique du pays. Il incarne à lui seul la force de la passion et la volonté de transmettre un héritage. Un artiste qui, sans bruit, laisse une empreinte indélébile dans le monde de l’art togolais et au-delà. Richard LAWSON-BODY
Sokey Edorh élevé au rang de Chevalier des Arts et des Lettres
Au cours d’une cérémonie émouvante, l’artiste plasticien togolais Sokey Edorh a été décoré de l’insigne de Chevalier des Arts et des Lettres par l’Ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau. L’événement qui s’est tenu en présence de son agent artistique, la commissaire d’exposition Armelle Malvoisin, de nombreuses personnalités politiques, culturelles et du monde des arts, a mis en lumière le parcours exceptionnel et le talent unique de cet artiste de renommée internationale. Lors de son allocution, l’Ambassadeur de France au Togo a retracé le parcours impressionnant de l’artiste Sokey Edorh, soulignant la portée de son œuvre et l’impact de son talent. Il a également annoncé avec fierté l’exposition prochaine de l’artiste au prestigieux Centre Pompidou en France, une nouvelle qui a suscité un vif enthousiasme parmi les invités. Un discours inspirant de Sokey Edorh Dans son discours de remerciement, Sokey Edorh a exprimé sa profonde gratitude et son immense joie de recevoir cette distinction. Il a partagé son parcours, marqué par la passion, l’authenticité et le désir de transmettre une vision unique du monde à travers l’art. Selon lui, « l’art est un langage universel qui transcende les frontières, unit les cultures et éveille les consciences ». Il a dédié cette reconnaissance à tous les artistes qui, comme lui, s’efforcent d’enrichir le monde par leur créativité et leur vision. Sokey Edorh a également exprimé sa gratitude envers ceux qui ont soutenu son parcours artistique, notamment sa famille, ses amis, ses collègues et tous ceux qui ont collaboré avec lui au fil des années. Il a rendu un hommage particulier à la France pour son engagement continu à promouvoir les arts et la culture à travers le monde. Sokey Edorh a conclu son discours en soulignant l’importance de l’art comme vecteur de dialogue et de compréhension entre les peuples. Il a rappelé que l’art a le pouvoir de changer les cœurs et les esprits, et qu’il est essentiel de le soutenir et de le célébrer. Il a remercié l’Ambassadeur Augustin Favereau pour cette distinction et a exprimé son souhait de voir l’amitié entre les peuples continuer de prospérer à travers l’art. Une année prolifique Cette année a été particulièrement prolifique pour Sokey Edorh grâce à son agent artistique, la commissaire d’exposition Armelle Malvoisin. Il a eu l’opportunité d’exposer ses œuvres dans deux galeries françaises à Paris, notamment la galerie Christophe Person et la 193 Gallery qui ont vendu ses créations à des fondations en Europe et sur le continent africain. Ces succès renforcent encore sa stature d’artiste de premier plan sur la scène internationale. Une reconnaissance méritée Cette décoration de Chevalier des Arts et des Lettres est une reconnaissance méritée du talent et de la contribution significative de Sokey Edorh à l’art contemporain. Elle marque également un jalon important dans sa carrière et promet de nouvelles perspectives passionnantes pour cet artiste exceptionnel. En célébrant Sokey Edorh, c’est toute la richesse et la diversité de la culture togolaise qui sont mises en lumière, renforçant ainsi les liens culturels entre le Togo et la France. Richard LAWSON-BODY
Le nouveau carrefour des activités culturelles
Un nouveau centre culturel dénommé « Miva » a été inauguré vendredi dernier 15 décembre au cœur de Lomé, sur le boulevard de la Kara, notamment les pavés de Todman. C’était au cours d’une soirée consacrée à la célébration de l’art, de la créativité et de l’innovation, en présence de Vinyon Aziati, directeur de la promotion des arts et de la culture, représentant le ministre de la Culture et du Tourisme. Mobilisés pour la cause, plusieurs artistes ont pris part à l’inauguration de cet espace qui, selon les responsables va accueillir des concerts en live, des spectacles,des conférences voire toute sorte d’activités culturelles. Pour Ariel Dassanou, promoteur de l’espace culturel Miva, et président de la Fédération Togolaise de Musique (FTM), « notre culture manque d’espace d’expression. A part les instituts que nous connaissons, il manque des structures privées de promotion de la culture qui puissent valoriser le système culturel togolais. C’est pour cette raison que nous avons initié ce centre. L’heure est à la promotion de notre identité et nous pensons que ce cadre pourra apporter quelque chose. Nous savons que les instituts sont là pour la promotion de l’identité d’autres pays ou d’autres civilisations, donc l’espace culturel Miva se veut porteur de cette vocation, celle de promouvoir l’identité culturelle togolaise. Nous aurons des programmations trimestrielles. Nous avons déjà recu beaucoup d’appel à prestations. Nous sommes en train de traiter ces appels à prestations, pour voir si ces appels répondent à nos attentes. Après cela, nous ferons une programmation trimestrielle et même chaque week-end, il y aura des prestations pour la promotion de nos valeurs culturelles ». Une initiative très appréciée « Je suis content de cette initiative. Je connais l’initiateur et je sais combien de fois il fait du professionnalisme dans le live. J’attends à ce qu’il y ait assez d’activités culturelles chaque semaine, surtout qu’il y ait du live. Je pense que c’est un cadre approprié aussi pour des jeunes qui font la musique dans les églises, ils pourront s’exprimer mieux en live ici », a laissé entendre, Charles O’zzo, artiste de la chanson togolaise. Une autre artiste de la chanson en la personne de Cécile Méba, a également lancé un appel à tous les artistes pour s’approprier ce cadre et l’animer à chaque instant. L’espace culturel « Miva » a une capacité de 300 places assises et 500 places debout. L’inauguration de l’espace culturel « Miva » a été ponctuée par la prestation en live de plusieurs artistes et groupes musicaux dont le groupe Nunana. « Le groupe était depuis sa création dans les interprétations musicales de tout genre dont le jazz, le blues, la salsa, la musique togolaise dans son ensemble et la diversité. Il interprète même des morceaux de langue étrangèr. Illustration palpable, le groupe a interprété sur la scène de Miva des morceaux en Fon, en Lingala, etc. Nous sommes à l’écoute de ce que les gens font pour ne pas faire la même chose. Bientôt notre première création, un morceau exclusivement Nunana », a révélé Yannick Sokpoh, responsable du groupe Nunana. Charles YAO
Le CETEF dévoile son agenda artistique et culturel
Le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF) a lancé le vendredi 07 février à Lomé, son ambitieux agenda artistique et culturel pour l’année 2025. Un programme riche en événements destinés à dynamiser la scène culturelle et artistique du pays. Cette initiative a été organisée en présence du maire de la commune du Golfe 2, Kodjo Konou Noukafou, ainsi que de nombreux artistes, promoteurs et acteurs du secteur culturel. Le CETEF qui abrite depuis 40 ans la célèbre Foire Internationale de Lomé (FIL), souhaite désormais se réinventer et devenir également un véritable carrefour de créativité. Selon le Directeur Général du CETEF, Alexandre de Souza, l’objectif est de transformer cet espace en un lieu où les artistes pourront s’exprimer librement et enrichir l’offre culturelle du pays. Il souligne également qu’en dehors de la foire, les activités au CETEF ont connu une croissance impressionnante de plus de 300% entre 2022 et 2024. Toutefois, cette dynamique doit être intensifiée pour exploiter pleinement le potentiel du site et offrir davantage d’opportunités aux artistes. « Nous avons un patrimoine qui a des immenses potentiels que nous devons exploiter encore plus pour avoir un lieu d’expression pour nos artistes », a expliqué Alexandre de Souza, en insistant sur le fait que des espaces sont mis à disposition gratuitement, notamment pour des répétitions de chorales, des fanfares et des tournages de films. Deux tournages ont déjà eu lieu sur le site, et des espaces sont également ouverts aux associations. Pour garantir la mise en œuvre de ce programme, le CETEF a recruté un responsable artistique et culturel, Jean-Paul Atchrimi, dans le cadre d’un appel à candidatures. Ce dernier aura pour mission de faire du CETEF, un véritable centre de création et de promotion des arts sous toutes leurs formes. L’agenda artistique et culturel 2025, fruit de plusieurs mois de préparation, comprend une série d’événements qui se dérouleront tout au long de l’année. Le coup d’envoi est donné avec une exposition des œuvres de l’artiste plasticien Roger Semeglo, intitulée « Sortir de l’ombre », qui se tient à la galerie du CETEF jusqu’à la fin du mois de février. D’autres expositions, ateliers, et conférences sont également au programme pour les mois à venir. Cette année, le CETEF s’apprête également à célébrer la 20ème édition de la Foire Internationale de Lomé, un événement qui coïncide avec le 40ème anniversaire de la première Foire Internationale de Lomé. Avec cet agenda riche et varié, le CETEF entend non seulement renforcer son rôle de pôle économique, mais également devenir un véritable centre de rayonnement culturel en Afrique de l’ouest. Nicolas EDORH