04 inquiétudes majeures du Secteur Privé

Le Comité de concertation Etat – Secteur Privé (CCESP) a tenu une nouvelle session lundi dernier à Lomé. Les travaux ont porté sur l’état d’avancement des réformes et les préoccupations du secteur privé, notamment les entreprises. Les échanges ont permis d’identifier les actions prioritaires à mettre en œuvre, afin de renforcer la compétitivité des entreprises et de poursuivre l’amélioration du climat des affaires au Togo. Deux communications ont eu lieu sur la conjoncture et l’environnement.

Le CCESP s’affirme progressivement comme un mécanisme efficace de dialogue et de recherche de solutions concertées aux préoccupations des entreprises. Depuis, le secteur privé se réjouit des avancées enregistrées grâce à cette dynamique de dialogue. Ces progrès concernent la mise en place des comités de concertation régionaux, la prise en compte de certaines propositions du secteur privé en matière fiscale, les efforts consentis par les pouvoirs publics pour maintenir un climat propice à l’investissement, l’accompagnement des réformes économiques et une meilleure prise en compte des préoccupations des entreprises.

Lors de sa session du 6 juillet 2026, le secteur privé a relevé des défis importants, dans un contexte économique marqué par de profondes mutations. « Nous pensons notamment à la mise en place effective des commissions de recours, à l’accélération du règlement de la dette intérieure, ainsi qu’au règlement de la question relative aux Taxes sur les entreprises de télécommunications, de l’Internet et de la Communication Electronique (TETIC) pour laquelle le ministre Barcola avait pris l’engagement lors de notre dernière séance avec l’Office Togolais des Recettes d’apporter une solution dans les meilleurs délais », a déclaré Laurent Tamegnon, président du Conseil National du Patronat (CNP-TOGO), au nom du secteur privé.

En clair, le président du CNP-TOGO a soumis quatre préoccupations majeures à l’attention du gouvernement : la mise en place effective des commissions de recours ; l’accélération du règlement de la dette intérieure ; le règlement de la question relative aux taxes sur les entreprises de télécommunications et de l’internet et de la communication électronique (TETIC) ; l’augmentation des prix de location des terrains dans la zone portuaire, une situation qui « suscite de vives inquiétudes au sein des entreprises concernées.

« Par ailleurs, nous souhaitons attirer l’attention de Monsieur le ministre sur une préoccupation majeure exprimée par les opérateurs économiques du port autonome de Lomé, relative à l’augmentation des prix de location des terrains dans la zone portuaire. Cette situation suscite de vives inquiétudes au sein des entreprises concernées. Et mérite une attention particulière », a-t-il ajouté, après avoir adressé ses félicitations et reconnaissance à l’ancien président de l’Association des Grandes Entreprises du Togo, Jonas Daou pour son engagement et sa précieuse contribution aux travaux du CCESP et ses vœux de plein succès à son successeur, Charles Gafan.

Pour le ministre des Finances et du Budget, Georges Barcola, l’engagement du secteur privé aux côtés de l’État reste déterminant. En réponse aux préoccupations évoquées lors de cette session, il a donné les précisions suivantes : « concernant les commissions de recours, ce sont des organes qui permettent de régler les litiges en toute impartialité. C’est ce matin seulement que j’ai reçu la dernière proposition de noms. Maintenant que j’ai reçu tous les noms, ces commissions de recours seront mises en place. Par rapport à la dette intérieure, elle constitue un frein pour le développement des entreprises. Nous avons commencé un travail d’apurement et je vous rassure que ces efforts seront poursuivis pour que cette question soit drainée d’ici la fin de l’année. Sur les TETIC, la question a été résolue. Le Togo est en avance sur la question des TETIC dans la région. Ce que l’État togolais a concédé à ces entreprises est au-delà de ce qui se fait ailleurs. Sur les loyers au Port Autonome de Lomé, j’avoue honnêtement que je ne connaissais pas le problème du port. Je vais me renseigner pour bien comprendre avant de pouvoir répondre. »

La session a été marquée par deux communications, notamment celle sur la conjoncture économique présenté par le Directeur Général des Affaires Economiques ainsi que sur l’évaluation environnementale et enjeux climatiques : contraintes, opportunités et défis dont la présentation a été assurée par le Directeur des évaluations et de l’intégration environnementale. Dans sa présentation, il a insisté sur la nécessité d’intégrer les enjeux climatiques dans les politiques économiques. Il a présenté les contraintes auxquelles font face les entreprises, mais aussi les opportunités liées aux financements verts et à une compétitivité durable.

Le Comité de concertation Etat – Secteur Privé est un cadre de dialogue qui permet de porter les préoccupations des entreprises, suivre les réformes engagées et contribuer à la construction d’un environnement des affaires toujours plus compétitif et attractif.

Nicolas EDORH

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