Face à la crise climatique et à la dégradation des ressources naturelles, l’agroécologie se présente comme une alternative durable. L’ONG SALUT mise sur les médias pour faire évoluer les mentalités.
Dans un contexte mondial de plus en plus préoccupant, marqué par la déforestation, l’épuisement des sols, la perte de biodiversité et l’instabilité des saisons agricoles, le Togo n’échappe pas aux effets du changement climatique. Pour y faire face, l’agroécologie s’impose progressivement comme un modèle agricole résilient, respectueux de l’environnement et des communautés.
C’est dans cette optique que l’ONG Solidarité en action pour la lutte contre la pauvreté (SALUT), avec le soutien de son partenaire ASTM, a organisé le mardi 15 juillet 2025 à Lomé, un atelier de formation destiné aux journalistes dans le cadre du programme « Pouvoir d’agir ». L’objectif est de renforcer leurs compétences sur les enjeux liés au climat et promouvoir l’agroécologie comme solution durable.
« L’idée, c’est de faire des journalistes des vecteurs d’alternatives durables. Ils ont un rôle stratégique pour sensibiliser les populations et interpeller les autorités. », explique Zimore Issifou, ingénieur agronome et responsable du programme agriculture durable à l’ONG SALUT.
Loin d’être une simple méthode de culture, l’agroécologie s’appuie sur une approche intégrée. Elle met en valeur les savoirs locaux, encourage la diversité des cultures, limite l’usage d’intrants chimiques et favorise la complémentarité entre cultures, élevage et protection de l’environnement.
« Un producteur qui diversifie ses cultures, maïs, bananes, papayes, petit élevage, est mieux préparé aux aléas climatiques. Il peut même vendre le bois de ses haies ou transformer ses produits. C’est un modèle d’avenir pour les petits producteurs africains », ajoute Zimore Issifou.
Malgré ses nombreux avantages, le développement de l’agroécologie se heurte encore à plusieurs obstacles : accès incertain à la terre, manque d’intrants biologiques, difficultés d’accès au marché, et faible transformation locale des produits.
Pour y répondre, l’ONG SALUT mise sur des actions concrètes : création de marchés biologiques de proximité, formations à la fabrication d’intrants naturels et soutien à la recherche scientifique pour documenter l’efficacité des pratiques agroécologiques.
Convaincue du rôle stratégique des médias, l’ONG SALUT veut faire des journalistes, des acteurs clés de la transition écologique. La session de formation leur a permis de mieux comprendre les liens entre climat, agriculture et agroécologie et de développer les outils nécessaires pour produire des contenus de qualité sur ces sujets.
« Il est temps que les journalistes s’emparent pleinement de ces questions. L’agroécologie est encore trop peu présente dans nos rédactions, alors qu’elle est essentielle pour notre avenir collectif », insiste Hector Nammangue, journaliste scientifique et spécialiste du climat.
En plaçant les médias au cœur de cette dynamique, l’ONG SALUT et ses partenaires entendent créer un effet de levier durable, car une agriculture plus verte ne peut s’imposer sans conscience citoyenne, engagement politique et information claire et crédible.
La transition agroécologique est en marche au Togo, mais son succès dépendra de la capacité de l’ensemble des acteurs, agriculteurs, chercheurs, décideurs, citoyens et journalistes, à agir ensemble pour un avenir plus durable.
Yao KPOWOADAN










