L’avenir du coton togolais, souvent surnommé l’or blanc, était au centre d’un important séminaire qui s’est tenu les 25 et 26 septembre à Kpalimé. Organisé par la Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton (FNGPC COOP-CA), en partenariat avec le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Produits Agro-sylvo-pastoraux et Halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), cet événement marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre producteurs de coton et professionnels des médias.
Longtemps considéré comme l’un des piliers de l’économie togolaise, le secteur cotonnier traverse aujourd’hui une phase critique. Malgré un rendement par hectare en hausse, 767 kg/ha, la production nationale pour la campagne 2024-2025 a chuté à 60 408 tonnes, soit une baisse de 10 % par rapport à l’année précédente. Plus inquiétant encore, le nombre de cotonculteurs est passé de 115 000 à environ 76 000 en quelques années.
Cette désaffection s’explique par plusieurs facteurs, notamment la fluctuation des prix, le coût élevé des intrants, le changement climatique, le vieillissement des producteurs et la perte d’attractivité de la profession, notamment auprès des jeunes. « Il faut agir vite pour enrayer cette dynamique », alerte la FNGPC COOP-CA.
Face à cette situation, la FNGPC COOP-CA a choisi de faire des médias, un levier stratégique pour la relance du coton togolais. En réunissant à Kpalimé une cinquantaine de journalistes venus de toutes les régions du pays, l’objectif est de forger un partenariat durable entre les médias et les producteurs de coton.
« Vos plumes, vos micros et vos caméras peuvent être des leviers puissants de changement », a déclaré Koussouwè Kourouféi, président du Conseil d’Administration de la FNGPC COOP-CA. Il exhorte les journalistes à raconter la réalité des producteurs, à déconstruire les idées reçues sur le coton et à promouvoir une image positive de la filière.
Placée sous le thème « la contribution des médias à la relance du coton au Togo », la rencontre vise à renforcer les capacités des journalistes sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux liés à la culture cotonnière. Pour Gilles Podjoley, président du ReJPAH-AOS, il s’agit d’outiller la presse afin qu’elle accompagne efficacement les efforts de redynamisation.
« La place du coton dans la croissance de l’économie nationale », « la production du coton au Togo : Contraintes-Défis et Perspectives », « Mieux comprendre les acteurs de la filière » sont des thèmes qui ont fait l’objet de communication durant cet atelier.
« Le coton peut redevenir un secteur attractif et porteur d’emplois si nous recréons un environnement de confiance, de valorisation et d’innovation », estime la FNGPC COOP-CA. Le choix d’impliquer les médias s’inscrit dans une volonté de transparence et de sensibilisation.
A l’issue de ces deux jours d’échanges, un espoir renaît ; celui de voir les médias jouer un rôle moteur dans la transformation du regard porté sur le coton togolais. Entre reportages de terrain, portraits de producteurs, émissions thématiques et articles d’analyse, la presse est désormais appelée à devenir l’ambassadrice d’une filière en quête de renouveau.
Un nouveau chapitre débute pour l’or blanc avec les producteurs et journalistes quiavancent désormais main dans la main pour redonner à cette culture stratégique la place qu’elle mérite dans l’économie nationale.
Yao KPOWOADAN










