« Un espace, un peuple, un destin ». C’est sous cette devise que s’est ouverte, ce lundi 24 août 2026, au Centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey au Niger, la toute première Session confédérale des Parlements de la Confédération des États du Sahel (AES). Un moment historique pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont vu naître, sur les rives du fleuve Niger, la dernière instance des institutions de leur jeune Confédération : un Parlement confédéral. Invité d’honneur, le président de l’Assemblée nationale togolaise, Professeur Komi Selom Klassou, a pris part à l’ouverture de la session inaugurale avec une délegation de députés. L’ouverture de cette session présidée par Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative de Transition du Burkina Faso et président des Sessions confédérales de l’Alliance des États du Sahel (AES), s’est déroulée en présence du Premier ministre de la République du Niger, Lamine Zeine Ali Mahaman. Elle a été marquée par l’installation solennelle des 45 députés confédéraux issus des Assemblées statutaires des trois pays. Désormais investis, ces parlementaires incarnent pour la première fois, une voix confédérale commune, appelée à porter les aspirations des peuples du Sahel. L’appel du Président du Faso : « une boussole, l’intérêt supérieur du peuple » C’est le président de l’Assemblée législative de Transition du Burkina Faso, Ousmane Bougouma, qui a porté à la tribune le message du Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, adressé aux députés confédéraux. « Au moment où vous ouvrez les travaux de votre toute première session, c’est mon devoir de vous rappeler que le Parlement confédéral de l’AES n’est pas une simple institution de prestige. Il se veut un outil efficace dans le dispositif institutionnel de notre espace confédéral. Vous devez, à cette fin, adresser les centres d’intérêts communs de nos populations, vous saisir des questions politiques régionales et animer les débats de géopolitique internationale. Je vous engage donc à avoir comme seule et unique boussole l’intérêt supérieur du peuple », a-t-il indiqué. Le Togo, invité d’honneur Aux côtés du Tchad, le Togo a pris part à cette cérémonie fondatrice en qualité d’invité d’honneur, à travers une délégation de parlementaires conduite par Professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale. « Il est vrai, le Togo n’est pas membre de votre Confédération ; il n’en demeure pas moins un voisin de toujours et un partenaire constant. Nos pays partagent une longue histoire et beaucoup de faits ethnolinguistiques et culturels qui démontrent que nous sommes les mêmes peuples. Par exemple, nous avons au Togo des Yabré, des Dago comme on n’en trouve majoritairement au Burkina Faso ; des Ibrahim, des Garba, des Amadou, des Djobo comme au Niger et aussi des Traoré, des Cissé, des Sidibé, des Tenguandé comme au Mali, pour ne donner que cet exemple. Le corridor reliant le Port Autonome de Lomé à Ouagadougou et Niamey n’est pas une simple infrastructure : il est l’artère vitale par laquelle transitent les échanges, la prospérité et l’espérance de nos populations avec celles des Etats de l’AES », a fait remarquer Prof. Komi Selom Klassou. Le président Klassou a également consacré une partie de son intervention au défi sécuritaire commun à la sous-région, y compris au Togo et a réaffirmé son attachement au dialogue interparlementaire et à la solidarité entre les peuples du Sahel. « Concernant les affres du terrorisme, c’est le lieu pour nous d’exprimer une pensée pieuse à la mémoire de toutes les victimes de ce fléau transnational qui frappe sans distinction mais, à des degrés divers, la plupart des pays de la sous-région ouest-africaine, y compris le Togo, mon pays. Dans cet état de vulnérabilité collective, la recherche de solutions coordonnées, efficaces et durables incombe en grande partie à nos parlements. Tout sera question de l’approche adoptée. En effet, prises isolément, nos institutions parlementaires ne peuvent pas arriver à vaincre ce phénomène aux contours tentaculaires et complexes. Mais dans une dynamique de coopération interparlementaire et solidaire, nous parviendrons à relever les défis, à donner de l’espoir à la jeunesse africaine. », a laissé entendre le président de l’Assemblée nationale togolaise. Il a esquissé des pistes concrètes de collaboration : voter des lois harmonisées de lutte contre les groupes armés criminels, et mener conjointement des campagnes de sensibilisation des populations dans les zones frontalières. Le président de l’Assemblée nationale du Togo a conclu son intervention par un vœu adressé à la nouvelle institution : « Puisse cette nouvelle institution installée aujourd’hui, dont nous célébrons la naissance, remplir pleinement sa mission de contrôle démocratique et de représentation fidèle des aspirations des peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger. L’Assemblée nationale du Togo demeure, comme elle l’a toujours été, disposée à tout cadre d’échange et de coopération technique que vous jugerez utile de construire avec elle, dans le respect des choix souverains de chacun et dans l’intérêt supérieur de nos peuples ».Cette session inaugurale s’inscrit dans le prolongement d’un processus engagé depuis moins de trois ans avec la création de l’Alliance des États du Sahel, actée le 16 septembre 2023, transformée en Confédération par la signature de l’acte y afférent, le 6 juillet 2024, à Bamako.
Pleins feux sur le 4ème dialogue UE – Togo
La 4ème session du dialogue de partenariat entre le Togo et l’Union européenne (UE) s’est tenue le mardi 9 juin 2026 au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, conformément à l’article 3 de l’accord de partenariat entre l’organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne (OEACP-UE) du 16 avril 2021. Selon le communiqué ayant sanctionné la rencontre, les discussions étaient riches et ont porté sur des points d’intérêt commun. Les travaux de cette 4ème session ont été coprésidés par Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur et Gwilym Ceri Jones, Ambassadeur de l’Union européenne au Togo. « Notre session de ce jour se tient dans un contexte international et régional marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et économiques complexes. C’est donc en partenaires conscients et responsables que nous devons aborder ce dialogue, guidés par notre attachement commun aux valeurs de paix, de démocratie et de prospérité partagée », a indiqué Robert Dussey à l’ouverture des travaux. Les échanges ont permis de réaffirmer l’excellence des relations entre le Togo et l’Union européenne, fondées sur des valeurs communes, le respect mutuel, le dialogue permanent et une volonté partagée de promouvoir la paix, la sécurité, la démocratie, la prospérité économique et le développement durable. Selon le communiqué, les deux parties se sont félicitées de la qualité du partenariat qui les unit et ont souligné l’importance d’un multilatéralisme efficace et d’une coopération renforcée dans un contexte international marqué par de nombreux défis sécuritaires, économiques, climatiques et géopolitiques. Elles ont également réaffirmé leur attachement à un partenariat équilibré, co-construit, tourné vers des résultats concrets au bénéfice des populations togolaises et européennes. « S’agissant du partenariat pour la paix et la sécurité, les deux parties ont procédé à un échange approfondi sur la situation sécuritaire régionale et internationale, marquée notamment par la persistance de la menace terroriste dans la sous-région et les défis croissants liés à l’extrémisme violent. La partie togolaise a présenté les efforts déployés par le Togo en faveur de la paix, de la stabilité régionale, du dialogue politique et de la prévention des conflits, ainsi que les mesures prises pour renforcer la résilience des populations affectées par les défis sécuritaires. L’Union européenne a réaffirmé son soutien à la coopération sécuritaire, notamment dans les domaines du renforcement des capacités, de la lutte contre le terrorisme et de l’appui aux initiatives régionales de paix et de sécurité », précise le communiqué. En ce qui concerne le partenariat pour la démocratie et la bonne gouvernance, les discussions ont porté sur les avancées enregistrées ainsi que sur les défis liés à la gouvernance locale, à la décentralisation et à la participation citoyenne. La partie togolaise a présenté les progrès réalisés dans le cadre du suivi des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU), ainsi que les initiatives entreprises en matière de promotion et de protection des droits humains. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement au respect des droits fondamentaux, à l’État de droit, à la bonne gouvernance et au renforcement des institutions démocratiques, tout en soulignant l’importance du dialogue inclusif et de l’implication des acteurs de la société civile. Sur les questions liées à l’économie, aux investissements et à la croissance durable, les échanges ont permis d’aborder les perspectives de renforcement des échanges commerciaux entre le Togo et l’Union européenne, qui, avec ses états membres, est parmi les principaux partenaires économiques et commerciaux du pays. Les deux parties ont également discuté des opportunités d’investissement dans le cadre de l’initiative Global Gateway, notamment dans les secteurs stratégiques des infrastructures, de l’énergie, de la connectivité et de l’agriculture durable. La partie togolaise a présenté les orientations de sa politique énergétique, ainsi que les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, favoriser les investissements privés et promouvoir une croissance inclusive, résiliente et durable, créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. « Dans un contexte international si difficile, l’UE restera un partenaire solide dans la durée, engagée aux côtés du Togo. L’UE demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique, son premier investisseur de loin, son premier fournisseur d’aide publique au développement (APD) et son premier donateur humanitaire. Notre programme phare, le Global Gateway, s’accélère ici au Togo, par une approche collective de l’Equipe Europe – pour répondre au défi du trop peu d’investissement dans les infrastructures clés du continent », a indiqué l’Ambassadeur de l’UE, Gwilym Ceri Jones. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre et de renforcer leur partenariat dans un esprit de confiance, de solidarité et de responsabilité partagée, au service de la paix, de la stabilité et du développement durable. La réunion s’est déroulée dans un climat cordial et constructif. Nicolas EDORH
Clôture de la première session extraordinaire de l’année 2026
L’Assemblée nationale a clôturé le lundi 23 mars, les travaux de sa première session extraordinaire de l’année, convoquée à la demande du Président du Conseil, conformément à l’article 12, alinéa 3, de la Constitution. Ouverte le 24 février 2026, cette session aura été marquée par une intense activité parlementaire et une forte mobilisation des députés ainsi qu’une participation active du gouvernement. La séance a été marquée par le discours de clôture de Prof. Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, en présence de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, du Professeur Komla Dodzi Kokoroko, ministre de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique, de Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget et de Mme Mazamesso Assih, ministre du Développement à la Base et de l’Économie Sociale et Solidaire. Le président de la première chambre du Parlement a indiqué dans son discours de circonstance qu’au total, sept projets de loi majeurs ont été adoptés en quatre semaines, ce qui traduit une volonté affirmée de renforcer les fondements sécuritaires, énergétiques, économiques et environnementaux du pays. Dans le domaine de la sécurité, les députés ont autorisé la prorogation de l’état d’urgence dans la région des Savanes pour une durée de 12 mois, afin de soutenir les forces de défense et garantir la protection des populations. Dans le secteur de l’énergie, l’actualisation du cadre réglementaire du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest marque une avancée vers le renforcement de la souveraineté énergétique. Sur le plan économique et financier, des textes importants ont été adoptés pour lutter contre le blanchiment de capitaux et préserver l’intégrité du système monétaire, notamment à travers la répression du faux-monnayage au sein de l’UEMOA. L’économie nationale a également été au cœur des réformes, avec des mesures en faveur de l’entrepreneuriat, notamment le transfert des missions du FAIEJ à l’ADTPME et la réglementation de la microfinance, visant à offrir de nouvelles opportunités aux jeunes et aux femmes. Enfin, la modernisation de la législation environnementale vient répondre aux défis climatiques et écologiques, confirmant l’engagement du pays en faveur du développement durable. Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la dimension collective de ces avancées, rappelant que « nul ne peut applaudir d’une seule main », soulignant ainsi l’importance de la synergie entre le gouvernement, les députés et les autres institutions. Il a également rendu hommage au Président du Conseil, qui a sollicité la convocation de cette session extraordinaire. « Je tiens à saluer la vision du Président du Conseil. C’est sous son impulsion éclairée, et à sa demande, que cette session extraordinaire a été convoquée. Par cet acte, il a réaffirmé sa confiance en l’institution parlementaire pour sculpter l’avenir de notre Nation. », a-t-il souligné. Le Président de l’Assemblée nationale a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance aux députés pour leur engagement et la qualité des débats, ainsi qu’aux membres du gouvernement pour leur disponibilité et leur esprit de collaboration, ayant permis d’améliorer la qualité des textes adoptés. « J’entrevois une triple volonté : au Gouvernement, la diligence de l’action pour une mise en œuvre efficace ; au Parlement, la rigueur de la vigilance pour un contrôle constant ; au Citoyen, la fierté de l’appropriation pour faire de ces réformes un progrès vivant. C’est dans cette convergence sacrée des engagements que réside la force invincible d’un peuple uni. », a-t-il déclaré. Il a enfin annoncé les prochaines échéances parlementaires, notamment l’ouverture de la première session ordinaire le 7 avril 2026, qui coïncidera avec un événement majeur : l’accueil à Lomé de la 17ᵉ Conférence des présidents d’Assemblée et de section de la région Afrique de la Francophonie.
Assemblée nationale : 04 projets de loi définitivement adoptés
Les députés ont adopté définitivement le lundi 23 mars, à l’unanimité, quatre projets de loi, après leur adoption dans les termes identiques par le Sénat, seconde chambre du Parlement. Il s’agit du projet de loi modifiant et complétant la loi-cadre sur l’environnement, du projet de loi portant transfert des missions, du personnel et du patrimoine du FAIEJ à l’ADTPME, du projet de loi portant réglementation de la microfinance en République togolaise, et du projet de loi portant répression du faux-monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires dans les États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). C’était au cours de la cinquième séance plénière de la première session extraordinaire de l’année 2026, présidée par Prof. Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale. L’adoption définitive de ces textes traduit l’aboutissement du processus législatif dans le cadre du bicaméralisme instauré par la Vème République. Dans le cadre de la navette parlementaire, les projets de loi ont d’abord été examinés et adoptés par l’Assemblée nationale. Ils ont ensuite été transmis au Sénat, qui les a étudiés avant de les approuver dans les mêmes termes, sans y apporter de modifications de fond. À la suite de cette adoption conforme par le Sénat, les textes ont été retournés à l’Assemblée nationale. Conformément aux principes du bicaméralisme. Cette dernière a procédé à leur adoption définitive. Dès lors que les textes ont été adoptés dans les mêmes termes par les deux chambres, leur adoption définitive par l’Assemblée nationale s’est effectuée sans débat. Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, a au nom du gouvernement, exprimé sa profonde gratitude aux parlementaires, saluant leur engagement ainsi que la qualité des travaux menés à l’Assemblée nationale et au Sénat. « Je voudrais vous dire nos remerciements pour la qualité des travaux qui se sont déroulés aussi bien ici à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat et surtout la qualité des contributions et des améliorations que vous avez bien voulu apporter aux textes qui vous ont été soumis par le gouvernement. L’ensemble de vos observations, de vos contributions et surtout de vos suggestions et propositions ont été bien notées par le gouvernement et nous allons veiller à ce que, dans le processus de mise en œuvre des différents textes qui ont été adoptés, nous continuions à nous entourer de vos contributions et à rester à votre écoute, parce que c’est dans l’action que nos concitoyens vont véritablement percevoir l’impact et les résultats des textes qui ont été votés.», a-t-il déclaré. Le président de l’institution parlementaire a, lors de cette séance plénière, rappelé le processus législatif dans la cadre du système bicaméral avec la navette parlementaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat. « Aujourd’hui, nous nous retrouvons pour adopter définitivement les quatre derniers textes de loi que la deuxième chambre a adoptés la semaine dernière. Lorsqu’un projet a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale et envoyé au Sénat, si, après étude du Sénat, il n’y a pas de divergence de vues sur le fond et qu’il y a concordance, lorsque le Sénat nous envoie le texte, nous ne faisons plus de débat, nous procédons directement à l’adoption en deuxième lecture et définitivement. », a expliqué Prof. Komi Selom Klassou. Cette adoption définitive consacre l’achèvement du processus législatif pour ces textes, désormais prêts à entrer en vigueur et à produire leurs effets au service de l’action publique et du développement, après leur promulgation par le Président du Conseil et publication au Journal Officiel de la République togolaise. La séance s’est tenue en présence de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, du Professeur Komla Dodzi Kokoroko, ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, de Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, et de Mme Mazamesso Assih, ministre du Développement à la Base et de l’Économie Sociale et Solidaire.
Faure Gnassingbé présente l’état de la Nation au Parlement
Devant les députés réunis en séance solennelle le mardi 02 décembre, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé un discours fondateur sur l’état de la Nation. Pour la première fois depuis l’adoption de la Ve République et l’entrée du Togo dans un régime parlementaire, l’Exécutif a défini les axes stratégiques de gouvernance qui façonneront les années à venir. Dans son discours, le Chef du gouvernement a souligné que la réforme constitutionnelle adoptée récemment « consacre une révolution de l’esprit public ». Le Parlement devient désormais le véritable centre de détermination de la politique nationale. Cette transition, menée « sans rupture » et « sans fracas », selon ses mots, marque l’entrée du pays dans un système institutionnel plus équilibré, fondé sur la décentralisation, la représentativité des territoires et la responsabilité partagée. Le Président du Conseil a insisté sur le rôle essentiel du Sénat désormais opérationnel et des conseils régionaux nouvellement élus, qu’il présente comme les piliers d’un État plus proche des réalités locales. Un appel à l’action collective La nouvelle architecture institutionnelle exige une transformation profonde de la culture démocratique togolaise. « Aucune transformation durable ne peut reposer sur un seul homme », a rappelé Faure Gnassingbé, invitant majorité et opposition à travailler ensemble. Il a défini le rôle du Parlement comme celui d’une instance stratégique, moteur du débat démocratique et gardien vigilant de l’intérêt général. « La démocratie ne s’accommode pas du monologue », a-t-il insisté, appelant à des débats respectueux, à la construction collective et au dépassement des clivages. 03 priorités pour la Nation : protéger, rassembler, transformer Le Chef du gouvernement a annoncé trois axes majeurs pour son action. Primo, protéger : sécurité, souveraineté et diplomatie de stabilité. Face aux menaces régionales et aux défis globaux, le gouvernement poursuivra une stratégie de sécurité intégrée fondée sur la prévention, la résilience communautaire, le développement local et le respect des droits. Il a également rappelé l’importance du rôle international du Togo : « médiation, intégration régionale, diplomatie économique et mobilisation de la diaspora. » Secondo, rassembler : renforcer l’équité, l’unité et la participation citoyenne. Le Président du Conseil a réaffirmé la nécessité d’une gouvernance inclusive. Il a insisté sur l’équité territoriale, la justice sociale, et la valorisation du rôle des collectivités locales. « L’État ne peut pas tout faire depuis Lomé », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un partenariat étroit entre l’exécutif, les élus locaux et les parlementaires. Tertio, transformer : accélérer le développement économique et social. Le Togo veut entrer dans une nouvelle dynamique de croissance fondée sur dix chantiers prioritaires : « éducation, santé, eau potable, énergie, emploi des jeunes, agriculture, digitalisation, transition écologique, justice territoriale et inclusion sociale ». Le Président du Conseil vise une « République des résultats », prônant un pilotage plus rigoureux des politiques publiques. Il s’engage à instaurer une culture de performance au sein de l’administration. Les ministres seront soumis à des objectifs clairs et mesurables, avec un suivi transparent. « Ce mandat sera jugé non sur ses intentions, mais sur ses résultats », a-t-il martelé. Une justice modernisée et humaniste Faure Gnassingbé a annoncé la préparation de mesures de grâce ciblées, sans concerner les crimes graves, dans une logique d’humanité et de réinsertion. Il a réaffirmé la volonté de moderniser la justice et de renforcer la lutte contre la corruption afin de garantir la sécurité juridique et la confiance des citoyens. Faure Gnassingbé a appelé les parlementaires à sceller un « pacte de loyauté, de solidarité et de rigueur ». Pour lui, la réforme institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des Togolais. La vision portée est celle d’un Togo moderne, inclusif, décentralisé et résolument tourné vers l’avenir, où la démocratie parlementaire s’affirme comme levier de paix, de développement et de justice sociale. Nicolas EDORH
Assemblée Nationale : Komi Sélom Klassou, 15ème président
Les députés ont procédé mardi à l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale et au renouvellement partiel du Bureau, conformément aux dispositions des articles 14 et 15 du règlement intérieur de l’institution. L’élection s’est déroulée lors de la deuxième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, présidée par Ayao Dzréké, quatrième vice-président du Parlement. A l’issue d’un scrutin à main levée, le Professeur Komi Sélom Klassou a été élu président de l’Assemblée nationale à l’unanimité des députés présents avec 109 voix, ce qui confirme la confiance de l’ensemble des députés en sa personne. Il succède ainsi à Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, président sortant, pour la durée restante du mandat du bureau ouvert le 14 juin 2024. Par cette élection, Komi Sélom Klassou devient ainsi le quinzième président de l’Assemblée nationale togolaise. La plénière a également procédé à l’élection de quatre vice-présidents, conformément à la procédure édictée par les dispositions de l’article 14 du règlement intérieur. Les députés élus sont : 1ère vice-présidente : Hadja Mémounatou Ibrahima 2ème vice-président : Gbalgueboa Kangbéni 3ème vice-président : Saad Mohamed Ouro-Sama 5ème vice-président : Pawoumoudom Wella Par ailleurs, conformément à la décision n° EL-1/25 du 25 octobre 2025 de la Cour constitutionnelle, quatorze (14) sièges de députés ont été déclarés vacants à la suite de situations d’incompatibilité ou de renonciation volontaire. Les suppléants désignés par la Cour ont été installés officiellement au cours de la séance, conformément à l’article 185 du code électoral. Le président de séance leur a adressé ses félicitations et encouragements, en les invitant à servir la nation avec loyauté et dévouement. Il a en outre salué la transparence et la maturité ayant marqué les élections, illustrant l’attachement de l’Assemblée nationale aux principes démocratiques et à la collégialité dans la conduite des affaires parlementaires. À l’issue des votes, la cérémonie d’installation du nouveau président de l’Assemblée nationale a été ponctuée par les usages parlementaires traditionnels, notamment la remise du maillet, symbole de l’autorité législative. Dans son allocution, le nouveau président de l’institution parlementaire, a, au nom de tous les membres du bureau élus et de l’ensemble des députés, adressé ses sincères remerciements à ses collègues pour le choix porté sur sa modeste personne. Il a aussi exprimé sa gratitude au Président du Conseil, pour la confiance, l’estime et l’appui constant qu’il ne cesse d’accorder aux institutions de la République. Il s’est également engagé à œuvrer avec loyauté et détermination. « Ce choix m’honore, mais il impose surtout un devoir, celui d’être un président à l’écoute de tous et de toutes, garant du dialogue, de la cohésion et du respect des valeurs républicaines qui fondent la cinquième République », a-t-il déclaré. « Avec l’aide de Dieu, la confiance du Président du Conseil et le concours de chacun et chacune d’entre vous, nous saurons ensemble hisser notre institution à la hauteur des attentes du peuple que nous représentons ici », a-t-il souligné. Enfin, le président Komi Sélom Klassou a salué son prédécesseur, Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, pour le travail remarquable qu’il a abattu à la tête de cette première législature de la cinquième république. Avec cette élection, le bureau de l’Assemblée nationale est désormais au complet. Un nouveau chapitre s’ouvre ainsi pour la législature, sous le signe de la continuité et du renforcement de l’action parlementaire.
Togo : Voici le 1er gouvernement de la Vème République
Après plus de cinq mois d’attente, le 1er gouvernement de la Vème République est enfin connu. Le décret est lu hier sur les antennes de la télévision nationale par le Secrétaire Général du Gouvernement, Stanislas Baba. Voici la nouvelle équipe exécutive. Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat : Kodzo Adédzé Ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions : Gilbert Bawara Ministre des Finances et du Budget : Georges Barcola Ministre de l’Efficacité du Service Public, de la Transformation Numérique : Cina Lawson Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur : Pr Robert Dussey Ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire : Antoine Gbégbéni Ministre de l’Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières : Col. Hodabalo Awaté Ministre de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique : Pr Dodzi Kokoroko Ministre de l’Education Nationale : Mama Omorou Ministre de la Communication ; Yawa Kouigan Ministre du Développement à la Base, de l’Economie Sociale et Solidaire : Mazamaesso Assih Ministre de la Sécurité : Col Calixte Madjoulba Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Universelle et des Assurances : Jean-Marie Tessi Ministre de l’Economie et de la Veille Stratégique : Badanam Patoki Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits Humains : Me Pacôme Adjourouvi Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts : Isaac Tchiakpé Ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance : Moni Sankaredja Ministre délégué auprès du Ministre de l’Aménagement du Territoire, chargé des Travaux Publics et des Infrastructures : Sani Yaya Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie, chargé de la Promotion de l’Investissement, de l’Industrie et de la Souveraineté Economique : Manuella Modukpé Santos Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie, chargé de l’Energie et des Ressources Minières : Robert Koffi Mensah Eklo Ministre délégué auprès de l’Aménagement du Territoire, chargé du Développement Local : Koamy Gomado Ministre délégué auprès du Ministre de la Santé : Pr Tchein Darré Ministre délégué auprès du Ministre du Développement à la Base et de l’Economie Sociale et Solidaire, chargé de la Jeunesse et des Sports : M. Abdul Fahd Fofana Ministre délégué auprès du Ministre de l’Aménagement du Territoire, chargé de l’Eau et de l’Assainissement : Sena Alipui Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, chargé de la Coopération et des Togolais de l’Extérieur : Yakolé Kokou Johnson Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie et de la Veille Stratégique, chargé du Commerce et du Contrôle Qualité : Kossi Tenu Ministre délégué auprès du Ministre de l’Education Nationale, chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : Pr Gado Tchangbédji Les ministres de la Défense Nationale, de la Fonction Publique, du Travail et des Transports sont rattachés à la Présidence du Conseil.
Municipales du 17 juillet 2025 : Les résultats définitifs connus
La chambre administrative de la Cour suprême, réunie en audience solennelle hier mercredi 06 août 2025, a officiellement proclamé les résultats définitifs des élections municipales organisées le 17 juillet dernier. Cette cérémonie s’est déroulée en présence des plus hautes autorités de la République, des membres du gouvernement, des représentants de partis politiques ainsi que de nombreuses autres personnalités. Malgré les 27 recours introduits par divers partis politiques, regroupements et candidats indépendants, les résultats définitifs confirment l’écrasante victoire du parti Union pour la République (UNIR). Le parti présidentiel a en effet remporté plus de 1100 sièges sur les 1527 conseillers municipaux élus dans les 117 communes que compte le Togo. Par rapport aux résultats provisoires annoncés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) le 21 juillet, seuls de légers ajustements ont été effectués par la Cour Suprême. Au total, 1920 candidatures issues de 500 listes ont été enregistrées pour ces élections, qui ont mobilisé 2.631.997 votants, soit un taux de participation de 56,91 % sur 4.637.998 électeurs inscrits. Pour le président par intérim de la chambre administrative, Bodjona Samta, la tenue et la proclamation de ces résultats constituent une étape majeure dans la marche irréversible du Togo vers la démocratie. Il a salué la maturité politique du peuple togolais, tout en invitant les nouveaux élus à faire preuve de créativité pour répondre aux attentes croissantes des populations dans un contexte de rareté des ressources. Son collègue, le conseiller Gbadoé Edoh Dodji, a précisé les étapes à venir. Dans un délai de 60 jours à compter de cette proclamation, les conseils municipaux, maires et adjoints devront être installés conformément à la loi sur la décentralisation. Il a également rappelé que le ministre de la Décentralisation devra rencontrer les élus régionaux pour définir les grandes lignes de la politique gouvernementale en la matière. Les préfets, de leur côté, devront convoquer les conseils pour élire les exécutifs communaux. Les réactions à l’annonce des résultats définitifs n’ont pas tardé Le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la citoyenneté et des Institutions de la République, Pacôme Yawovi Adjourouvi, a salué la maturité du peuple togolais et la réussite du processus électoral. « Ces élections démontrent clairement la volonté du peuple d’aller de l’avant. Elles consacrent la consolidation de l’État de droit et de la démocratie dans notre pays. », a-t-il indiqué. Du côté de l’Union des Forces de Changement (UFC), le délégué national de la Jeunesse, Azouma Mohamed, a exprimé sa satisfaction : « il y a un grand chantier qui nous attend pour la construction de la nation. Tous les partis doivent désormais œuvrer ensemble pour le développement du pays. » Même son de cloche chez le Cercle des Leaders Emergents (CLE). Son vice-président, Georges Eho, s’est réjoui de la tenue apaisée du scrutin : « c’est la démocratie locale qui est en marche. Le second mandat des conseils municipaux débute sur une note d’optimisme. » Le mandat des conseillers municipaux élus entre en vigueur ce mercredi 6 août 2025, et s’étendra jusqu’au mardi 5 août 2031. Cette nouvelle étape marque le début d’un cycle important pour la gouvernance locale et le développement des communes togolaises. Yao KPOWOADAN
Elections municipales du 17 juillet : Voici les résultats provisoires
A l’issue des élections municipales au Togo, l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir) s’adjuge 1150 des 1 527 sièges. Ce sont les résultats provisoires publiés lundi par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Un score qui équivaut à près de 75 % des sièges de conseillers municipaux. Derrière UNIR, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre ne sauve que 51 sièges, soit à peine 3 % du total. Autre acteur historique de l’opposition, l’Union des forces de changement (UFC) fondée par Gilchrist Olympio, se contente de 38 sièges, confirmant son effritement progressif depuis 2010. Quelques forces émergentes tirent néanmoins leur épingle du jeu. L’Alliance démocratique pour le développement intégral (ADDI), qui s’est illustrée par une progression significative aux dernières législatives, confirme sa montée avec 34 sièges de conseillers. La percée inattendue du regroupement indépendant « Togolais, viens, agir » (TOVIA) crée la surprise. Fondée par Joseph Gomado, ministre du Développement des territoires et ancien cadre de l’ANC, cette plateforme rassemblant des démissionnaires du parti de Jean-Pierre Fabre et du Nouvel engagement togolais (NET), récolte 24 sièges. Cette structure s’imposant devant des partis plus anciens comme le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD, 21 sièges), ou encore les Forces démocratiques pour la République (FDR) de Dodji Apévon. Ces résultats restent provisoires. La Cour suprême doit encore valider le scrutin après examen des éventuels recours.
Koamy Gomadopublie un ouvrage sur le maire et la gouvernance locale
Le maire Golfe 1 sortant, ministre de l’Aménagement et du Développement des Territoires, Koamy Gbloèkpo Gomado, a officiellement présenté et dédicacé le mercredi 16 juillet 2025 à Lomé, son nouvel ouvrage intitulé « Le Maire : fonction, pouvoir et défis de la gouvernance locale ». C’était au cours d’une cérémonie qui a connu la présence d’opérateurs économiques, universitaires, partenaires techniques et financiers, autorités traditionnelles et des citoyens. Cet ouvrage de 265 pages, réparti en huit chapitres, se veut un véritable manuel de référence pour les élus locaux, en particulier les maires, mais aussi pour tous les acteurs désireux de renforcer leurs compétences en matière de gestion municipale. Mêlant styles narratif, descriptif et explicatif, le livre offre une vision complète et engageante du rôle stratégique du maire dans le développement territorial au Togo. L’auteur s’appuie sur l’histoire de la décentralisation togolaise pour dresser une lecture claire et structurée des missions du maire. L’ouvrage aborde des thématiques clés comme l’animation démocratique, la planification, la gestion financière, la coopération intercommunale, la gouvernance numérique et les partenariats innovants. Koamy Gomado insiste dans son ouvrage sur l’importance du leadership local, la vision stratégique et la maîtrise des outils modernes de gouvernance. L’analyse s’articule autour de quatre grands axes à savoir l’historique retraçant l’évolution de la fonction de maire au Togo, le juridique qui détaille le cadre légal de la décentralisation, l’institutionnel et l’organisationnel explorant le fonctionnement interne des communes et le social qui met en lumière la gestion des territoires dans leur diversité humaine et culturelle. Les dimensions économiques et technologiques viennent enrichir l’ensemble, soulignant l’impératif d’intégrer les outils numériques et de mobiliser les ressources locales pour une gouvernance efficace et transparente. Maire sortant de la commune Golfe 1, Koamy Gbloèkpo Gomado s’est récemment vu décerner la distinction de meilleur maire du Togo, selon une évaluation indépendante mandatée par le gouvernement et la GIZ, réalisée à l’insu des élus concernés. Une reconnaissance qui témoigne de son engagement et de son impact à la tête de sa commune. Formé en Allemagne, certifié en gestion urbaine et industrielle de l’environnement, et titulaire d’un Master en planification du développement régional, Koamy Gomado cumule plus de 20 ans d’expérience dans la gouvernance territoriale et la gestion de projets. Ancien Directeur Exécutif de l’ONG COGESTEN/Ed, il a collaboré avec plusieurs structures internationales, notamment Midnight Sun, le Groupe HeidelbergCement Togo, et fut répondant national pour Ingénieurs sans frontières – Belgique. Depuis sa nomination comme ministre en août 2024, il défend une approche participative et inclusive de l’aménagement du territoire, fondée sur le dialogue entre collectivités, secteur privé, citoyens et partenaires techniques. « Le Maire : fonction, pouvoir et défis de la gouvernance locale » s’impose dès à présent comme un ouvrage de référence pour penser une gouvernance locale moderne, stratégique et équitable au Togo. Un outil précieux pour tous ceux qui croient en la puissance du développement local pour transformer durablement les territoires. Yao KPOWOADAN