La 2ème réunion du Comité technique de concertation Etat – Secteur Privé (CTC/CCESP) s’est tenue le vendredi 5 décembre 2025 à Lomé, sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola, en présence du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, ainsi que des représentants du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
Cette session a permis de dresser le bilan des activités menées en 2025 et de définir les perspectives pour les mois à venir. Selon Baniab Moyeme, Secrétaire Exécutif du CCESP, les échanges ont révélé « des avancées remarquables, un saut qualitatif dans la dynamique du dialogue, des résultats extrêmement positifs et concrets », notamment sur le plan fiscal à la suite des discussions menées entre le gouvernement et les acteurs économiques.
Les travaux ont également porté sur la territorialisation du dialogue, marquée par l’opérationnalisation du comité régional de concertation dans la région de la Kara. D’autres sujets tels que le contrôle des produits assuré par l’Agence togolaise de normalisation (ATN), la compétitivité des produits locaux et la performance des unités industrielles ont été abordés.
Les avis du secteur privé
Du côté du secteur privé, il y a unanimité autour la vision exprimée récemment par le Président du Conseil devant l’Assemblée nationale et qui tourne autour de trois orientations majeures : soutenir le secteur privé comme moteur de croissance et d’emploi, promouvoir la transparence et la lutte contre la corruption et créer un environnement propice à l’investissement et à la compétitivité des entreprises.
Le président de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) a salué les avancées concrètes obtenues grâce au dialogue Etat – Secteur Privé. Il s’agit de la résolution du conflit sur le traitement fiscal des logiciels, dont le secteur privé attend la notification formelle d’annulation de la circulaire, la publication prochaine des arrêtés portant opérationnalisation des organes de recours sur la fiscalité, la mise en œuvre effective de l’Assurance Maladie Universelle (AMU), avec une accélération notable dans la délivrance des cartes aux assurés, la prise en compte dans le projet de loi de finances 2026 de plusieurs préoccupations du secteur privé, notamment l’enregistrement des marchés pour les PME –avec un plaidoyer pour que cette mesure soit étendue aux grandes entreprises.
Cependant, des défis subsistent. « La simplification et la prévisibilité des procédures fiscales et douanières, la réduction du nombre de taxe et de la complexité fiscale qui est une promesse depuis la réforme de 2018, la réduction des délais de remboursement de crédits TVA, l’amélioration de la qualité des infrastructures énergétiques et logistiques, le respect strict des règles établits et la non surinterpretation des textes en vigueur surtout en défaveur des entreprises, l’accélération de la mise en œuvre des activités de la HAUQE, la mise en place d’une politique industrielle affirmée, capable de structurer nos filières et d’attirer des investissements massifs et la problématique de la pénalisation excessive des entreprises qui constitue une privation de la valeur ajoutée nationale des entreprises », a déclaré Jonas Daou.
Thierry Awesso, 1er vice-président du Conseil National du Patronat (CNP-Togo), a salué un cadre de dialogue qui permet au secteur privé d’exprimer ses préoccupations. Il a souligné que plusieurs recommandations ont été formulées, et s’est félicité des indicateurs économiques de 2025, un taux de croissance projeté à 6,2 %, supérieur à la moyenne africaine estimée à 4 %, ainsi qu’une inflation maîtrisée à 0,6 % contre une moyenne continentale de 3,2 %. « En gros, nous sommes satisfaits des efforts faits ensemble », a-t-il affirmé.
Le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola a clôturé les travaux en exprimant sa gratitude au Président Faure Gnassingbé pour son engagement en faveur de la transformation économique du pays. Il a également salué la résilience du secteur privé, dont la contribution au PIB devrait passer de 2,6 points de pourcentage en 2021 à 5,1 points d’ici 2027, témoignant de son rôle croissant dans le développement national.
Yao KPOWOADAN










