La lutte contre la corruption s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs du développement économique et social du Togo. Deux jours après la célébration de la Journée internationale de lutte contre la corruption, le 09 décembre, le ministère des Finances et du Budget, en collaboration avec la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption (HAPLUCIA), a organisé jeudi 11 décembre 2025 à Lomé, un atelier de dialogue public-privé autour du thème : « Ensemble pour relever le défi de la corruption au Togo ».
L’objectif de cet atelier est d’analyser les causes et les conséquences de la corruption et identifier, de manière concertée, des solutions durables impliquant à la fois l’État et le secteur privé.
« Cette rencontre traduit la volonté affirmée du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, d’ancrer la Vème République dans une gouvernance fondée sur la transparence, l’éthique et la redevabilité », a indiqué Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget.
Le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a rappelé que la corruption constitue bien plus qu’un problème moral. « Elle est un frein majeur à la bonne gouvernance, à la justice sociale et au développement économique », a-t-il souligné, appelant chaque acteur public et privé à assumer sa part de responsabilité. Selon lui, seule une collaboration étroite entre les deux secteurs permettra de bâtir « un Togo plus juste, plus transparent et plus prospère ».
S’inscrivant dans la vision présidentielle, le ministre a insisté sur la nécessité d’un changement profond de culture politique, fondé sur des résultats concrets et mesurables. Citant le Président du Conseil, il a rappelé que « la nouvelle République n’est pas une République d’intentions, mais une gouvernance de résultats, bâtie sur une exigence d’exemplarité ».
Le Togo a déjà posé plusieurs jalons importants, notamment par la ratification de conventions internationales et la mise en place d’institutions clés telles que la HAPLUCIA, la Cour des Comptes, l’ARCOP, la CENTIF ou encore l’Agence Togo Digital, chargée d’accélérer la transformation numérique afin de réduire les opportunités de corruption.
Le secteur privé a apporté son soutien à cette dynamique à travers le Conseil National du Patronat (CNP-TOGO), l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) et bien d’autres organisations. Laurent Tamegnon, président du Conseil National du Patronat, a réaffirmé son engagement en faveur d’un climat des affaires intègre et compétitif. « La transparence et l’intégrité ne sont plus de simples impératifs moraux, mais des exigences structurelles pour renforcer la compétitivité du Togo », a-t-il déclaré, dénonçant une corruption qui fragilise la concurrence, détourne les ressources et mine la confiance entre l’État et les entreprises.
Les panels et débats ont permis de formuler des propositions concrètes, mettant l’accent sur le renforcement des mécanismes de contrôle, de suivi et de prévention. Les participants ont également salué la digitalisation des services publics et la création d’un département ministériel dédié à l’efficacité du service public et à la transformation numérique, considérées comme des leviers essentiels.
Avec un coût estimé à près de 10 milliards de FCFA par an, la corruption reste un défi de taille. A travers cette mobilisation conjointe de l’État et du secteur privé, le Togo affiche sa détermination à faire de l’intégrité et de la transparence, un véritable moteur de développement et d’attractivité économique.
Yao KPOWOADAN










