ORABANK et SUNU Bank : Habitées par la crise

Elles n’ont rien en commun, à part le même secteur d’activités qu’elles se partagent. Mais elles ont des maux identiques depuis un moment, comme si elles étaient des sœurs jumelles. Alors qu’un calme précaire règne en leur sein, notamment ORABANK et SUNU Bank, suite à la suspension d’une grève des employés qui couvait les 30 et 31 décembre 2024 pour diverses raisons, elles ont décidé de fermer certaines de leurs agences en activité au Togo. Au total, dix (10) agences sont concernées par les décisions des deux banques. Explications.

ORABANK dans une mauvaise passe

Agence de la Rue du Commerce, Agence Rond-Point Aéroport et Agence de Kanté, trois (03) agences d’ORABANK Togo. Depuis quelques jours, la clientèle de cette banque qui a du mal à sortir de la crise sous plusieurs aspects, est informée qu’à compter du 31 janvier 2025, ces agences seront fermées. « Ainsi, les services fournis (…) cesseront, mais un guichet automatique sera mis à votre disposition afin de vous faciliter les opérations courantes. Nous tenons à rassurer que tous les comptes actuellement détenus dans cette agence seront disponibles dans toutes les autres agences environnantes et que les détails de vos comptes ne seront pas disponibles. Nous nous engageons à continuer à vous fournir un service de qualité », précise la note d’information publiée par ORABANK.

Les raisons de ces fermetures ne sont pas officiellement communiquées. Mais selon nos sources, ces agences concernées par la fermeture ne sont pas rentables. Conséquence, la direction générale a décidé de s’en séparer pour économie de charges.

Cette décision intervient justement dans un contexte où ORABANK bat toujours de l’aile en ce qui concerne son rachat par VISTA Bank toujours non approuvé et au lendemain d’une grève du personnel avortée à la dernière minute et qui portait sur un désaccord avec la direction générale concernant la gestion des prélèvements uniques des échéances mensuelles effectués sans un accord préalable. En effet, les employés demandaient également la prise en charge totale de la part des cotisations de l’Assurance Maladie Universelle (AMU) par la banque.

Elle fait également suite à une grosse panne informatique ayant perturbé les opérations bancaires en début d’année au sein du réseau d’ORABANK. Des problèmes récurrents qui suscitent beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion, notamment de la clientèle de ladite banque sur la capacité de l’institution à être plus résiliente pour faire face à ces différents chocs et sortir de l’ornière.

SUNU Bank : l’autre casse-tête

Actuellement dans une situation très délicate, SUNU Bank notifie, contre toute attente, une information sur la fermeture d’agences au collège des délégués du personnel et délégués syndicaux. Au total, sept (07) agences et Point Cash sont concernés : Bafilo, Kanté, Niamtougou, Pya dans la région de la Kara, Bassar dans la région Centrale, Anié dans la région des Plateaux, et Baguida dans la région Lomé Commune.

La direction générale explique cette décision par « une réorganisation du réseau d’agences » voulue par le Conseil d’Administration en sa séance du 18 novembre 2024.

« Cette décision qui sera effective pour compter du 1er mars 2025, nous permettra de rationaliser la capillarité de notre réseau de distribution et d’offrir une meilleure prise en charge de la clientèle dans nos régions. Les dispositions seront prises pour assurer la continuité de nos services aux clients des agences à fermer et à répondre aux besoins de l’ensemble de notre clientèle. Une séance sera organisée pour l’information du staff en temps opportun », détaille SUNU Bank.

Fin 2024, le personnel de cette banque était dans tous ses états. Selon nos informations, la grève annoncée s’était heurtée à la panique et au sentiment de peur de certains. Cette grève était motivée par plusieurs violations des lois et règlements, notamment la remise en cause de clauses contractuelles et des accords antérieurs entre les salariés et les anciens dirigeants, la suspension unilatérale de l’octroi du crédit au personnel par note de service du 1er octobre 2024 dont le contenu est contraire aux procédures internes de financement d’un crédit ainsi que celles de la réglementation bancaire, la régression des droits des travailleurs prévus dans le contrat de l’indemnité de fin de carrière, notamment ceux relatifs à la bonification du taux d’intérêt de 2,5% l’an sur l’épargne individuelle constituée pour chaque salarié précédemment acquis dans ledit contrat auprès de GTA-C2A-Vie.

Nicolas EDORH

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