Une avancée majeure vient d’être enregistrée dans la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Universelle (AMU) au Togo. Une convention-cadre de Partenariat entre les Organismes Gestionnaires de l’AMU et les Institutions Privées de Couvertures Complémentaires Santé a été signée le mardi 14 octobre 2025 à la direction générale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). La cérémonie, présidée par le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, a réuni de nombreuses personnalités, dont Mme Ingrid Awadé, Directeur Général de la CNSS, le Directeur Général de l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM), ainsi que des représentants de compagnies d’assurance, de sociétés de courtage et de mutuelles de santé. Ce nouvel accord, conclu entre la CNSS, l’INAM et les organisations privées membres du Comité des Assureurs du Togo (CAT), de la Fédération Togolaise des Assureurs Conseils (FETAC) et du Cadre National de Concertation des Mutuelles du Togo (CNCMUT), marque une étape structurante dans la consolidation du système national de santé. L’objectif est de faciliter l’accès des assurés à des couvertures complémentaires adaptées à leurs besoins, tout en harmonisant les outils, procédures et plateformes de gestion avec ceux de l’AMU. La convention prévoit également de renforcer le suivi et le contrôle pour prévenir les fraudes et fiabiliser la production statistique, afin d’améliorer la gouvernance globale du système. Le représentant du ministre a salué « le travail remarquable de la CNSS et de l’INAM » et félicité les acteurs privés pour leur engagement. Il a souligné que « le partenariat public-privé, lorsqu’il est bien structuré, peut devenir un véritable levier de progrès social. L’Assurance Maladie Universelle n’est pas une fin en soi, mais un processus évolutif fondé sur la complémentarité des acteurs et la confiance des citoyens ». Selon lui, cette convention établit les bases d’une gouvernance partagée du système de couverture santé au Togo, plaçant la solidarité et l’équité au cœur de l’action. « En unissant nos forces, nous faisons un pas décisif vers un Togo plus solidaire, où chacun bénéficie d’une protection santé durable et équitable », a-t-il ajouté. Pour Mme Ingrid Awadé, Directeur Général de la CNSS, cette signature « constitue l’aboutissement d’un travail collectif, mené avec engagement et rigueur par des acteurs venus d’horizons différents, mais unis par un même objectif, offrir aux populations une meilleure protection contre le risque maladie ». Elle a rappelé que depuis le 1er janvier 2024, la CNSS et l’INAM gèrent conjointement le régime de base de l’AMU. « Nous avons posé des fondations solides, mais la réalité des besoins en santé évolue. D’où la nécessité d’une offre plus complète, co-construite avec le secteur privé », a-t-elle précisé, en soulignant la vision stratégique du Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Cette convention-cadre vient ainsi combler un vide organisationnel et réglementaire, en créant un pont entre la couverture de base publique et les offres complémentaires du secteur privé. Le Directeur Général de la CNSS a formulé le vœu que cet accord inaugure « une collaboration durable, efficace et mutuellement bénéfique » pour tous les acteurs du système de santé togolais. En s’appuyant sur une gouvernance partagée et une collaboration renforcée entre le public et le privé, le Togo poursuit son ambition de bâtir un système de santé inclusif, solidaire et durable. Ce partenariat représente une étape déterminante pour garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité et à moindre coût. Yao KPOWOADAN
ONMT : Passation de charges et nouveaux défis pour le mandat 2025-2029
L’Ordre National des Médecins du Togo (ONMT) a officiellement tourné une nouvelle page de son histoire avec la cérémonie de passation de charges entre le Conseil sortant et le nouveau Conseil élu. Une cérémonie qui s’est tenue vendredi dernier à Lomé. Cette rencontre solennelle a marqué le lancement du mandat 2025-2029 sous la présidence de Dr Beketi Katanga Anthony. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du secteur de la santé dont Dr Josée Apetsianyi, représentante du Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique. Dr Beketi Katanga Anthony a exprimé sa reconnaissance envers les membres du Conseil sortant, saluant leur contribution déterminante au progrès de l’Ordre. Il a tenu à présenter des excuses publiques pour toute incompréhension ou parole ayant pu blesser durant leur mandat, en soulignant la nature parfois passionnée des débats. « Toute œuvre humaine est imparfaite », a-t-il rappelé, avant d’annoncer la remise d’attestations de reconnaissance aux membres sortants, en témoignage de leur engagement pour la profession médicale. Prenant la parole au nom du ministre, Dr Josée Apetsianyi a salué « le travail remarquable accompli » par le Conseil sortant et félicité le nouveau bureau élu. Elle a rappelé le rôle crucial de l’ONMT en tant que garant de l’éthique, de la déontologie, et du progrès médical au Togo. Elle a souligné les priorités nationales en matière de santé, appelant le nouveau Conseil à s’impliquer dans des chantiers majeurs tels que le renforcement de la formation continue des professionnels de santé, l’amélioration de l’accès aux soins de qualité pour tous, la lutte contre l’exercice illégal de la médecine, l’intégration des innovations technologiques, notamment la digitalisation et l’intelligence artificielle. Le ministère, a-t-elle assuré, restera aux côtés de l’ONMT pour l’accompagner dans ses défis. Dans son discours de prise de fonction, Dr Beketi a confié le mandat 2025-2029 à Dieu, rendant également hommage aux médecins décédés. Il a insisté sur l’ampleur de la mission à venir et la nécessité de l’unité et de la participation active de tous les médecins. Parmi les défis prioritaires annoncés, on note, entre autres, la poursuite de la lutte contre l’exercice illégal de la médecine, avec l’activation prochaine des comités locaux de veille et de surveillance déjà amorcés dans les régions, la sensibilisation des populations et des acteurs du secteur médical, en amont des sanctions prévues contre les pratiques illégales, la création d’un Centre de vulgarisation des bonnes pratiques et de promotion de la santé, un projet ambitieux nécessitant un plaidoyer fort pour obtenir les financements nécessaires. Une note d’espoir a été partagée par le président concernant un soutien régional en cours de négociation avec l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) qui pourrait ouvrir la voie à un financement significatif pour ce projet avec le Bénin, le Cameroun et le Togo identifiés comme pays bénéficiaires potentiels. « Ensemble, dans l’unité, la foi et le travail, nous relèverons ces défis », a laissé entendre Dr Beketi, appelant à une mobilisation sans faille de tous les médecins togolais pour renforcer la profession et améliorer durablement le système de santé national. Yao KPOWOADAN
ONMT : Anthony Katanga Beketi rééluprésident
L’Ordre national des médecins du Togo (ONMT) était en Assemblée générale élective le samedi 19 juillet 2025 à Lomé. Professeur Anthony Katanga Beketi a été réélu à la tête de l’institution pour un second mandat couvrant la période 2025-2029. Ce renouvellement à la tête de l’ONMT marque l’aboutissement d’un processus électoral amorcé deux semaines plus tôt, dont la première tentative, prévue initialement pour le 4 juillet, n’avait pu se tenir, en raison du quorum qui n’était pas atteint. C’est donc lors d’une nouvelle session organisée samedi dernier que les membres ont procédé à l’élection effective des instances dirigeantes. Conformément aux textes de l’Ordre, les travaux ont d’abord porté sur l’élection des 15 membres du Conseil de l’Ordre, répartis entre le secteur public à raison de 8 membres et 7 membres pour le secteur privé. Les membres élus du secteur public sont : Anthony Katanga Beketi, Ata Edem Ekoué Ametitovi, Gamelé Wogbe Kpodjro Kodjo Keke, Sonia Kanekatoua, Emefa Messan Agbedey, Mawuli Damigou Sambiani, Arsène Bruno Memin Koudaya, Atsu Komivi Kpegba. Le secteur privé est composé de : Germaine Leleng Bali, Duga Kpalma Bakpatina-Batako, Essowè Assoti, Cissé Mohamed Alassani, Komi Azimagli, Komi Davi Gouta, Essignim Tchalim Meba. Composition du nouveau Bureau Exécutif Dans un second temps, les conseillers nouvellement élus se sont réunis pour désigner les membres du Bureau Exécutif. Celui-ci est désormais composé de : Président : Prof. Anthony Katanga Beketi ; Vice-président : Dr Ata Edem Ekoué Ametitovi ; Secrétaire Général : Dr Gamelé Wogbe Kpodjro Kodjo Keke ; Secrétaire Général Adjoint : Dr Essowè Assoti ; Trésorier Général : Dr Duga Kpalma Bakpatina-Batako ; Trésorière Générale Adjointe : Dr Germaine Leleng Bali. Ce Bureau Exécutif, mêlant expérience et jeunesse, sera épaulé par les autres conseillers, ainsi que par trois commissaires aux comptes également désignés lors de cette session. La reconduction du Professeur Beketi à la présidence de l’ONMT s’explique par la reconnaissance du travail accompli durant son premier mandat (2021-2025). Parmi les actions majeures, l’on note la sensibilisation au respect du cadre légal d’exercice de la médecine ; l’accroissement significatif du nombre d’adhérents, passé de 500 en juin 2021 à 826 en mai 2025, le travail de fond sur la nomenclature des actes médicaux et la délivrance des certificats médicaux, la lutte contre l’exercice illégal de la médecine. Pour son nouveau mandat, le président réélu entend capitaliser sur les acquis en consolidant les actions entreprises. Parmi ses priorités, la création de groupes thématiques pour mieux cerner et résoudre les problèmes de la profession, et la mise en place d’un centre de vulgarisation des bonnes pratiques médicales au service des praticiens et de la promotion de la santé publique. « Nous avons l’ambition de renforcer notre profession et d’améliorer notre pratique sur le terrain, dans l’intérêt des patients et de la médecine togolaise », a déclaré le président Beketi à l’issue de son élection. Avec cette nouvelle dynamique, l’Ordre national des médecins du Togo s’engage dans un nouveau cycle de gouvernance axé sur la continuité, l’éthique, et l’amélioration de la qualité des soins. Yao KPOWOADAN
Le message de l’Ordre National des Médecins du Togo
L’Ordre National des Médecins du Togo rappelle à tous les médecins certains principes fondamentaux d’éthique et de déontologie internationaux et nationaux. Le serment d’Hippocrate qui stipule : « je ne permettrai pas que des considérations d’ordre religieux, national, racial, politique ou social, aillent à l’encontre de mon devoir vis-à-vis du malade ». Par conséquent, le Conseil précise que les médecins doivent agir dans le meilleur intérêt du patient, en respectant les lois de l’humanité. Le code international d’éthique médicale de l’Association Médicale Mondiale dans les devoirs généraux des médecins stipule : « le médecin devra agir uniquement dans l’intérêt de son patient, lorsqu’il lui procure des soins qui peuvent avoir pour conséquence un affaiblissement de sa condition physique ou mentale ». La déclaration de Lisbonne de l’Association Médicale Mondiale sur les droits du patient, relatif au droit à la dignité du patient stipule dans son dixième paragraphe : « La dignité et le droit à la vie privée du patient de soins comme d’enseignement seront à tout moment respectés ». Le code harmonisé de déontologie et d’exercice des médecins de l’espace CEDEAO en son article 15 interdit aux médecins de participer à des actes dommageables sur les personnes privées de liberté. « Lorsqu’un praticien examine ou traite une personne privée de liberté, il ne peut directement ou indirectement, ne serait-ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l’intégrité physique, mentale ou à la dignité de cette personne. Notamment, lorsqu’il s’agit des cas de torture aussi bien dans les conflits armés que dans les troubles civils. » Le code de déontologie médicale de la République togolaise stipule en son article 14 : « Un médecin sollicité ou requis pour examiner une personne privée de liberté ou pour lui donner des soins, ne peut, directement ou indirectement, favoriser ou cautionner une atteinte physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité ». Le Conseil de l’Ordre National des Médecins du Togo rappelle aux professionnels de la santé de privilégier la prévention des dommages et de limiter les interventions qui pourraient être plus préjudicielles que bénéfiques. A l’endroit de la population, le Conseil de l’Ordre National des Médecins du Togo informe que tout acte de médecin, jugé contraire à l’éthique médicale, peut être dénoncé formellement par saisine de l’Ordre sur ses canaux officiels pour mesures à prendre. L’Ordre National des Médecins du Togo rappelle aux médecins légalement autorisés à exercer la médecine au Togo, l’obligation d’observer scrupuleusement les règles d’éthique et de déontologie médicale qui constituent la base de la pratique médicale et de la protection du patient. Nicolas EDORH
Le CETEF annonce le Salon de la Santé et du Bien-Être du 02 au 08 juillet
Le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF-Lomé) a officiellement lancé hier mercredi 14 mai 2025, le Salon de la Santé et du Bien-être. Cet événement, qui se tiendra du 02 au 08 juillet 2025 sur le site du CETEF TOGO 2000, vise à réunir les acteurs clés du secteur de la santé autour des défis actuels et des solutions innovantes pour améliorer l’accès aux soins au Togo. Le Directeur général du CETEF – Lomé, Alexandre de Souza, a souligné que ce salon s’inscrit dans une série d’événements sectoriels que le Centre entend organiser dans les mois à venir. « Nous commençons par la santé, car elle représente le capital le plus précieux que nous ayons. Ce Salon rassemblera tous les professionnels de la santé, de la médecine conventionnelle à la médecine traditionnelle, en passant par la pharmacie, la kinésithérapie et bien d’autres », a-t-il déclaré. « Ce Salon n’est pas encore un autre évènement. C’est un appel. Une mission. Un acte de foi dans l’avenir de notre société. Il est né d’une conviction simple : la santé est le premier capital humain qu’il faut préserver et notre nation, riche de ses hommes et femmes, riche de sa jeunesse, ne peut avancer durablement que si elle prend soin de la santé de ses citoyens », a ajouté Alexandre de Souza. Placé sous le thème « Prévention et bien-être : investir dans un avenir plus sain », ce Salon de la santé ambitionne d’être un carrefour d’échanges entre professionnels de la santé, institutions publiques et privées, ONG, start-ups, étudiants et le grand public. Au menu des activités, des conférences thématiques, des panels d’experts, des ateliers pratiques, des démonstrations, des expositions et séances de dépistage gratuites. Trade Talks Togo-Israël : une coopération innovante autour de la santé numérique En marge du Salon, se tiendra également le Forum Trade Talks Togo-Israël sur le thème « Santé numérique et télémédecine : Israël et le Togo pour un accès aux soins amélioré ». Ce Forum s’inscrit dans le contexte de la modernisation du système de santé togolais, confronté à une demande croissante de services médicaux et à une pénurie de professionnels de santé, notamment dans les zones rurales. La collaboration avec Israël pour la santé numérique va permettre de combler des gaps. Israël, pays pionnier en matière de télémédecine et d’intelligence artificielle appliquée à la santé est un partenaire stratégique du Togo. Cette coopération vise à faciliter l’introduction de solutions concrètes, adaptées aux besoins locaux. Le CETEF propose quatre formules d’exposition adaptées aux besoins des participants. Pour les exposants nationaux, une première offre à 100 000 FCFA comprend un stand de 9 m², un espace réservé aux affiches et kakemonos, ainsi qu’un publi-reportage sur TikTok. Une seconde formule, proposée à 95 000 FCFA, inclut un stand de même superficie, un écran plat et un espace pour supports visuels. Les exposants internationaux ont deux options. L’une est fixée à 175 000 FCFA et donne droit à un stand de 9 m², un espace d’affichage et une couverture TikTok. L’autre, proposée à 150 000 FCFA, comprend un stand de même taille accompagné d’un espace pour les affiches. Les inscriptions ont débuté le 5 mai et prennent fin le 30 juin 2025. « Nous invitons chaque acteur, institution, média, secteur privé, société civile à s’associer à cette dynamique. Non pour remplir un calendrier, mais pour écrire une page, une page nouvelle de notre engagement pour la vie. Ce salon, ce forum, cette initiative, ce sont les nôtres », a indiquéAlexandre de Souza Yao KPOWOADAN
826 médecins inscrits en 2025 auTableau de l’Ordre
L’Ordre National des Médecins du Togo (ONMT) a dévoilé jeudi 17 avril 2025, lors d’une cérémonie solennelle tenue à Lomé, le tableau 2025 des médecins autorisés à exercer sur le territoire national. Une étape importante dans le processus de régulation et de structuration de l’exercice médical au Togo. Cette année, 826 médecins ont été validés et inscrits sur le tableau officiel, accessible en ligne à l’adresse https://onmt.tg/tableau_ordre Cette liste constitue désormais la référence légale unique pour l’exercice de la médecine au Togo, comme l’a souligné le Professeur Beketi K. Anthony, président du Conseil de l’Ordre. « Ce tableau constitue l’unique référence légale des professionnels autorisés à exercer la médecine sur le territoire togolais », a-t-il déclaré. Une progression remarquable Le Professeur Beketi a salué la progression constante du nombre de médecins inscrits depuis le début de son mandat. 500 médecins la première année, 600 médecins la deuxième, environ 700 médecins l’an passé, et 826 médecins en 2025. « Cette croissance est le fruit de la digitalisation du processus d’inscription et de la forte mobilisation de nos confrères. Des tournées de sensibilisation ont permis de rappeler que l’inscription n’est pas facultative mais une obligation légale », a-t-il expliqué. Cette exigence trouve sa justification dans les responsabilités inhérentes à la pratique médicale. Le législateur, en autorisant les médecins à intervenir sur l’intégrité physique humaine pour des raisons thérapeutiques, impose en contrepartie un encadrement strict. Respect du code de déontologie La publication du tableau est également un signal fort adressé à la population. Elle traduit l’engagement de la profession à exercer dans le strict respect du code de déontologie, fondé sur l’éthique, la probité, la bienveillance et le respect des droits du patient. Pour figurer sur le tableau, les conditions suivantes doivent être réunies, être titulaire d’un diplôme d’État de docteur en médecine, être de nationalité togolaise, ressortissant de l’UEMOA ou d’un pays signataire d’un accord de réciprocité avec le Togo, ne pas avoir été condamné pour des faits graves. Tout exercice en dehors de ce cadre légal expose à des sanctions sévères : amendes allant de 500 000 à 20 000 000 FCFA, voire des peines d’emprisonnement en cas de récidive. Vers une professionnalisation renforcée La cérémonie a également été l’occasion de mettre en lumière les avancées en matière de digitalisation, de rappeler l’importance de la mise à jour des données professionnelles, et d’insister sur la formation continue comme levier de qualité des soins. Par cette démarche, l’ONMT renforce son rôle de régulateur et garant de l’éthique médicale, contribuant à consolider la confiance dans le système de santé togolais. Yao KPOWOADAN
Une campagne pour le droit à la santé pour tous
« Accès équitable aux soins de santé & meilleures rémunération & conditions de travail aux agents de la santé ». C‘est sur ce thème que le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), en collaboration avec ses partenaires dont le Mouvement Populaire pour la Santé et Ensemble pour une Santé Équitable, porte le flambeau de la campagne sous–régionale sur la santé est un droit de l’Homme. L’objectif est de faire des plaidoyers sur le droit à la santé pour tous au Togo. Pendant trois ans, cette campagne sous régionale sur la santé est un droit de l’Homme, une initiative de l’Organisation des Travailleurs de l’Afrique de l’Ouest, veut unir les syndicats et la société civile des pays de l’Afrique de l’Ouest pour porter ensemble leurs droits sur la nécessité de faire en sorte que les gouvernants maintiennent la santé comme un droit de l’Homme. « Surtout après la pandémie à coronavirus, notre souhait, c’est que les actions qui seront menées dans le domaine de la santé ne soient pas laissées et qu’elles puissent perdurer. Faire en sorte que chaque citoyenne et citoyen de l’Afrique de l’Ouest puissent avoir de manière équitable l’accès aux soins de santé de qualité et qu’on puisse également valoriser le métier de soignant, parce que malheureusement, les acteurs de soins sont les parents pauvres du système économique global. », a laissé entendre Gilbert Tsolényanu, Secrétaire général du Synphot. « Il s’agit pour nous de faire en sorte que les besoins de la population soient portés et exprimés. Qu’aucune action n’amène à sacrifier notre système de santé au profit de décision politique qui pourrait être active », a-t-il expliqué. Selon le diagnostic du Synphot, les agents de santé au Togo sont souvent confrontés à des salaires insuffisants qui ne reflètent pas adéquatement leur niveau d’éducation, de compétence et de responsabilité. Les bas salaires peuvent entraîner une frustration et une insatisfaction parmi les travailleurs de la santé, ce qui peut influencer négativement leur motivation et leur engagement envers leur profession. Les conditions de travail précaires, le manque de ressources et les problèmes de sécurité. Ces défis auxquels sont confrontés les agents de santé au Togo ont un impact significatif sur leur motivation, leur bien-être et leur capacité à fournir des soins de qualité à la population. Les rémunérations équitables et les conditions de travail optimales sont importantes pour la qualité des soins améliorée, la rétention du personnel de santé, la réalisation de la Couverture Santé Universelle (CSU), etc. Pour cela, plusieurs propositions sont faites pour améliorer les rémunérations et les conditions de travail des agents de santé dont l’augmentation des salaires, l’amélioration des infrastructures et des équipements, le renforcement des programmes de formation continue, la protection des droits des travailleurs de la santé, le renforcement de la gouvernance et de la transparence, le renforcement de la coordination et du partenariat. « Aujourd’hui nous avons réalisé un taux de coagulation des forces au niveau syndicale et société civile dans la sous région pour pouvoir porter cette action. Ça veut dire que la force de frappe est sous–régionale, donc elle n’est plus au niveau de chaque pays. Et si on devrait aller à une action par rapport à cette histoire, elle peut être une action sous–régionale, ce qui va être une première. Mais nous espérons qu’avec le plaidoyer et en ayant vu l’engouement des autorités dans leur promptitude à régler les problèmes liés à la crise covid-19, nous pensons qu’on peut faire quelque chose de bien, en respectant le protocole d’Abuja qui demande aux Etats d’augmenter la part de leur budget de la santé à 15% », a précisé Dr Gilbert Tsolenyanu. La campagne sous-régionale sur la santé est un droit de l’Homme, qui vient d’être mise sur les rails au Togo, a été lancée depuis plusieurs semaines dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Charles YAO
Plus de 27% de Togolais hypertendus, 30,8% en surpoids au Togo
En 10 ans, plus du double des Togolais souffrent d’hypertension. Le Togo est sous péril des Maladies Non Transmissibles (MNT). Mardi 04 décembre, le journal Santé & Education a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse. Le cri de détresse de ce journal exclusivement dédié à la santé au Togo fait suite au rapport de l’enquête STEPS 2021 portant sur les facteurs de risque des Maladies Non Transmissibles (MNT) au Togo. Il s’agit de la deuxième enquête nationale sur les facteurs de risque des Maladies Non Transmissibles au Togo qui s’est déroulée du 6 décembre 2021 au 21 février 2022. Selon les responsables de Santé & Education, les résultats de l’enquête STEPS 2021, sur l’essentiel des Maladies Non Transmissibles (MNT) dont les maladies cardiovasculaires présentées dans le document, sont très inquiétants. L’inquiétude est encore plus grande lorsqu’on compare les résultats de la première enquête STEPS faite en 2010, insistent-ils devant les professionnels des médias. « C’est un cri d’alerte que nous lançons. Quand vous analysez les résultats de cette enquête, vous avez l’impression que la grande partie de la population togolaise est malade. Les valeurs par rapport à l’enquête 2010 ont largement augmenté, ce qui est très mauvais pour le développement du pays. Si on prend l’exemple de l’hypertension, en 2010, 19% des Togolais sont détectés hypertendus. En 2021, les résultats révèlent plus de 27% de Togolais hypertendus. Et donc plus du double des Togolais sont hypertendus. Cela est très grave pour le devenir du pays », a lancé Gadiel Tsonyadzi, directeur de développement de « Santé & Education ». Selon les résultats de l’enquête STEPS 2010, au total, 15,4% des Togolais étaient en surpoids dans Lomé-Commune. Concernant l’obésité, la prévalence était de 6,2%, 15,2% dans Lomé-Commune, et 8% au niveau du groupe ethnique Adja Ewé-Mina. En 2021, il est noté que 30,8% de Togolais sont en surpoids, soit une augmentation de 15,4% (le double) par rapport à 2010. Pour l’obésité, 11,7% d’adultes sont obèses au Togo, avec une augmentation de5,5% par rapport à 2010. La prévalence de l’hypertension en 2010, était de 19%, dans la région des Plateaux 23% et chez les retraités 40,8% et 21,4% en milieu scolaire notamment au collège. La prévalence de l’hypertension selon l’enquête STEPS 2021 est de 27,4% soit une montée de 8,4%. En ce qui concerne le diabète, en 2010, la prévalence était de 2,6%, dans la région de la Kara 4,9% et chez les retraités 11,7%, en milieu scolaire au cours primaire 3,3%. En 2021 est à 5% soit une augmentation de 2,4% par rapport à 2010. Pour « Santé & Education », à cette allure, la société togolaise sera majoritairement composée de personnes malades, souffrant de maladies chroniques dont la prise en charge est onéreuse et dépasse la bourse des Togolais. Attention il faut réagir ! », alertent les responsables de Santé & Education. Il s’agit d’un cri d’alerte du journal à l’endroit des premières autorités du Togo, de la population, des médias, des institutions gouvernementales, des institutions internationales de santé. Pour faire face à la situation, « Santé & Education » fait les recommandations suivantes : « Organiser une grande rencontre multisectorielle d’urgence sur la lutte contre les MNT au Togo sous l’égide du ministère de la santé (Division de surveillance des MNT) ; adopter à cette rencontre d’urgence un plan d’action 2025 -2030 de lutte contre les MNT ; faire des médias le fer de lance de la lutte contre les MNT au Togo ; sensibiliser les populations à faire l’effort de respecter les mesures d’hygiène de vie ».
Le SYNPHOT célèbre son jubilé de porcelaine
Le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a tenu son 4ᵉ congrès statutaire à Lomé, jeudi dernier 16 janvier 2025, marquant également le lancement des festivités pour célébrer les 20 ans de l’organisation syndicale, véritable défenseur des droits des professionnels de la santé au Togo. Le thème retenu est, « Syndicalisation et Développement ». Un appel à la mobilisation des travailleurs pour renforcer leur engagement dans la lutte pour de meilleures conditions de travail et un secteur de la santé plus performant. Le congrès a offert une tribune aux acteurs du secteur pour examiner les rapports financiers, évaluer les résultats des actions passées, et élire un nouveau bureau syndical, des moments d’échanges et de réflexions essentiels pour le renforcement de l’action syndicale, considérée comme un levier clé pour le développement socio-économique du pays. Dans son discours d’ouverture, Mme Lawson Olokoundé Nadou, Coordinatrice de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT), a souligné le rôle fondamental du syndicalisme dans la promotion de la justice sociale et du développement durable. Elle a félicité les travailleurs et les leaders syndicaux pour leur engagement constant et a encouragé la solidarité active face aux défis mondiaux. Distinctions et reconnaissance des acteurs clés L’événement a également été l’occasion de rendre hommage à plusieurs personnalités ayant marqué l’histoire du syndicalisme. Parmi les récipiendaires, figurent Mme Lawson Olokoundé Nadou, Mme Alfa Bérézam, Pr Walla Atchi, ancien Secrétaire Général du SYNPHOT, et Pr Dosseh Ekoué David, Président Honoraire. Ces distinctions viennent saluer leur implication exemplaire dans la défense des droits des travailleurs et dans le développement du secteur de la santé. Les avancées du SYNPHOT en 20 ans Dans son intervention, le Secrétaire Général du SYNPHOT, Dr Gilbert Tsolenyanou, a retracé les grandes avancées obtenues par le syndicat au cours des deux dernières décennies. Parmi les succès notables, on peut citer l’amélioration des rémunérations des praticiens hospitaliers, l’augmentation des primes de risque et de garde, ainsi que les revendications en faveur d’une fonction publique hospitalière adaptée aux spécificités du secteur de la santé. « En 20 ans, le SYNPHOT a profondément modifié les conditions de travail dans le secteur de la santé. Cependant, de nombreux défis demeurent, notamment la réforme hospitalière et la lutte contre la corruption », a précisé Dr Tsolenyanu. Katara Madjidou, Point Focal du SYNPHOT pour la section Zio, a rappelé lors de son intervention l’importance de la syndicalisation pour garantir les droits des travailleurs. « Un travailleur non syndiqué est vulnérable face aux abus. L’unité est la clé pour défendre nos droits et construire un secteur de la santé performant », a-t-il souligné. Perspectives d’avenir Les débats se poursuivront dans les prochains jours et aborderont notamment les amendements statutaires ainsi que les perspectives d’un nouveau bureau syndical. Les participants espèrent voir émerger une équipe dirigeante pleinement engagée dans la réalisation d’une fonction publique hospitalière moderne et en phase avec les besoins des professionnels de la santé. A la clôture du congrès, Dr Gilbert Tsolenyanu a été reconduit dans ses fonctions de Secrétaire général du SYNPHOT, signe de la confiance renouvelée des membres de l’organisation envers son leadership. Ce quatrième congrès s’inscrit ainsi comme un moment charnière pour l’avenir du syndicat, appelant à une mobilisation accrue des travailleurs pour le développement du secteur de la santé au Togo.
Connaître la spécialité médicale de gestion des systèmes de santé
Afanvi Kossi Agbelenko, médecin, enseignant-chercheur dans le domaine de la santé, fraîchement élevé au grade de Professeur agrégé lors de la toute dernière session du CAMES tenue à Conakry, en Guinée, nous fait connaître sa spécialité. L’homme est le tout premier Professeur agrégé dans la Gestion des systèmes de santé en Afrique. Lecture ! Qu’est-ce que la gestion des systèmes de santé ? Le système de santé est défini par l’OMS comme toutes les activités dont le but essentiel est de promouvoir, restaurer ou entretenir la santé (Organisation mondiale de la Santé, 2000). Sa partie visible est le système de soins représenté par le réseau d’établissements de santé. La gestion des systèmes de santé est la discipline médicale qui étudie les principes, les méthodes et les pratiques d’amélioration de la qualité, des résultats et des coûts de la prestation des soins de santé pour les patients et les populations dans les systèmes de soins médicaux (Gonzalo, Starr, & Borkan, 2017). Aux Etats-Unis, l’American Medical Association l’appelle « Health Systems Science ou science des systèmes de santé » et la considère comme le troisième pilier de l’éducation médicale au côté des sciences fondamentales et sciences cliniques (Skochelak, et al., 2017). Qui est un médecin spécialiste de la gestion des systèmes de santé ? Le médecin spécialiste de la gestion des systèmes de santé (MGest.) est un médecin inscrit au tableau de l’ordre, certifié au terme d’un processus marqué par l’obtention d’une qualification diplômante de niveau 7 ou plus (Master ou Doctorat) en sciences de gestion des systèmes de santé, disposant d’au moins cinq (05) ans d’expérience professionnelle de médecin dont trois (03) exclusive d’administrateur, gestionnaire ou directeur des systèmes de santé après l’obtention du diplôme, un stage d’au moins trois (03) ans supervisé par un maître achevé par la soutenance d’un mémoire, un engagement à poursuivre son développement professionnel, et la souscription au code de conduite éthique des médecins gestionnaires. Que fait le médecin spécialiste de la gestion des systèmes de santé ? Le MGest. est un diagnostiqueur, thérapeute et pilote des systèmes de santé. En tant que diagnostiqueur, il pose le diagnostic gestionnaire et managérial des systèmes de santé. En tant que thérapeute, il conçoit ou reconçoit les systèmes de santé pour qu’ils atteignent les objectifs établis. En tant que pilote, il alloue les ressources pour atteindre les résultats établis et dirige le système de santé vers son renforcement. Il est le docteur des établissements de santé tant publics que privés : il conçoit les hôpitaux, cliniques, cabinets, centres de santé, services médicaux et unités de soins, les soigne quand ils sont « malades » et les dirige vers l’excellence. Qu’est-ce que le travail du médecin spécialiste de la gestion des systèmes de santé apporte aux soins du patient ? Le travail du MGest. est de manager la qualité totale des soins et services pour que les systèmes de santé soient excellents. A la conception, il contribue à ce que les plans, normes administratives et modèles de soins et services satisfont les caractéristiques de qualité des soins et services de santé et de viabilité des systèmes de santé. A l’implantation, il s’assure que les éléments structurels planifiés et en vigueur sont respectés. Il fait des tests pour s’assurer que le système d’exploitation en place est capable de délivrer le niveau de qualité des soins et services établi. Durant l’exploitation, il contrôle le niveau de qualité des soins et services presté et le rapporte à celui établi pour analyser les écarts. Il étudie la rentabilité des opérations et interventions et veille à la viabilité des systèmes de santé. Il pilote des projets d’amélioration pour que le niveau de qualité des soins et services presté corresponde à celui établi et que les systèmes de santé soient pérennes. Qu’est-ce votre titre de Professeur Agrégé de gestion des systèmes de santé apporte au Togo ? Le titre apporte une triple opportunité au Togo : l’enseignement, la recherche et la pratique d’un médecin expert-gestionnaire des systèmes de santé. Sur le plan de l’enseignement, nous envisageons initier, avec l’aide de nos Maîtres, les parcours de la licence professionnelle pour former les qualiticiens, de master professionnel pour former les qualitologistes et de master recherche pour former les gestionnaires des systèmes de santé. Un programme certifiant de formation est aussi envisagé pour les professionnels de santé. Nos activités de recherche vont porter sur l’application des outils du management de la qualité dans la prévention des maladies évitables par la vaccination et la gestion des enjeux majeurs de santé publique y compris les épidémies et urgences sanitaires. Elles vont également porter sur les processus de prestation des services de santé de haute qualité dans les établissements de santé et leur transformation en organisations de haute fiabilité. Nous envisageons notre pratique, sous la couverture de nos Maîtres, à la Direction des Etablissements de Soins et de Réadaptation avec son centre d’excellence en qualité et sécurité des soins. Nous y planifierons et piloterons des projets de santé, notamment ceux liés aux maladies évitables par la vaccination et la gestion des enjeux majeurs de santé publique y compris les épidémies et urgences sanitaires. Nous y certifierons également la qualité des soins et services prestés par les établissements de santé. Cela offrira à l’INAM et à la CNSS, organismes gestionnaires de la couverture maladie universelle du Togo, une base pour accélérer leur conventionnement et étendre l’accès aux soins de qualité. Prof. Ag. AFANVI Kossivi Agbélénko Références Gonzalo J, Starr S, Borkan J. What is Health Systems Science? Building an Integrated Vision. In: Skochelak S, Hawkins R, Lawson L, Starr S, Borkan J, Gonzalo J. Health Systems Science. Philadelphia, PA : Elsevier, 2017 : 10-23. Marquis S, Guay J-A. Profession gestionnaire – 2e édition. Montreal (Québec), Canada : TC Média Livres Inc., 2018. Organisation mondiale de la Santé. Rapport sur la santé dans le monde 2000 : pour un système de santé plus performant. 2000. 237 p. Skochelak S, Hawkins R, Lawson L, Starr S, Borkan J, Gonzalo J, Consortium e. A. Health systems science. Philadelphia, PA: Elsevier, 2017.