Golden Harvest : source de pollution, risque de maladies

Depuis quelques temps, une ferme avicole située à l’intérieur du pays, à des encablures de la Route Nationale N°1 ne rate pas l’occasion de s’illustrer de façon déconcertante, portant ainsi atteinte à la santé publique par ses procédés dommageables sur l’environnement et à la qualité de vie. Bienvenue à Golden Harvest !

Gamé-Séva, localité située à quelques kilomètres d’Agbélouvé dans la préfecture de Zio, abrite une société dénommée Golden Harvest. Ferme agro-pastorale exerçant beaucoup plus dans le domaine de l’élevage des volailles, la société est créée par un expatrié nommé Singh Kawaljit qui, selon nos informations, aurait destiné ses produits à l’exportation. Sauf que, les conditions d’exercice des activités d’élevage au sein de ce centre sont des plus déplorables.

Une descente sur le terrain, à quelques mètres de la Route Nationale N°1 permet de voir une clôture en tôle qui s’étend sur des hectares. A l’approche de tout mouvement suspect, des agents de sécurité stratégiquement positionnés vous interdisent l’entrée, conformément aux instructions reçues. « Ce sont les consignes », fulminent-ils.

La santé des populations en jeu

L’on n’a pas besoin de trop s’approcher de cette ferme avicole pour se boucher le nez par rapport à l’odeur nauséabond et insupportable qu’elle dégage. Autour de la concession et un peu plus loin, les mouches ne déchantent pas. Elles sont d’ailleurs en territoire conquis, ne laissant aucun répit pour les riverains, cultivateurs et autres revendeuses. « Avant l’installation de cette ferme, la situation n’était pas pareille. Aujourd’hui, nous sommes inondés de mouches et l’odeur nauséabond de cette ferme nous met à mal », se plaint un natif du milieu. « Nous vivons une situation incroyable. Les étrangers sont-ils plus à l’aise que nous dans notre propre pays ? Comment peut-on laisser cette situation perdurer ? Et personne n’entre dans cette ferme. On dirait une forteresse. Pas de contrôle. Pas de suivi. C’est déplorable », martèle un habitant de Gamé-Séva.

Aux alentours de cette ferme avicole, des témoins ont dit avoir découvert plusieurs fois des volailles mortes et jetées dans la nature. Selon certaines rumeurs recueillies sur place, des revendeuses de poulets positionnées aux abords de la route, ramasseraient également ces volailles qu’elles traiteraient avant de les revendre, à l’insu des acheteurs.

Projet non soumis préalablement à une étude d’impact environnemental

Selon nos recoupements, la société Golden Harvest n’a pas soumis son projet à une étude d’impact environnemental et social auprès des services de l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE), conformément aux dispositions légales en vigueur.

En effet, l’article 38 de la Loi N°2008-005 portant loi-cadre sur l’environnement précise que « les activités, projets, programmes et plans de développement qui, par l’importance de leurs dimensions ou leurs incidences sur les milieux naturel et humain, sont susceptibles de porter atteinte à l’environnement sont soumis à une autorisation préalable du ministre chargé de l’environnement ».

Par ailleurs, l’article 6 du Décret n° 2017-040/PR fixant la procédure des études d’impact environnemental et social (EIES) dispose : « sont soumis à une EIES, les projets relatifs aux activités ci-dessous citées : les aménagements, ouvrages et travaux pouvant affecter les zones sensibles ; les aménagements, ouvrages, et travaux susceptibles, de par leur nature technique, leur ampleur et la sensibilité du milieu d’implantation, d’avoir des conséquences dommageables sur l’environnement ; l’utilisation ou le transfert de technologie susceptible d’avoir des conséquences dommageables sur l’environnement ; l’entreposage de produits chimiques dangereux ; l’entreposage de n’importe quel liquide au-delà de 50 000 m3 ; le transport commercial régulier et fréquent ou ponctuel par voie routière, ferroviaire, aérienne, maritime ou fluvial de matières dangereuses (corrosives, toxiques, contagieuses ou radioactives, etc.) ; l’installation ou l’établissement classé dont l’ouverture est soumise à autorisation ; la modification des projets qui ont précédemment fait l’objet d’une étude d’impact environnemental et social ».

Devant ce tableau sombre, les populations continuent de pousser des cris de détresse pour que les autorités leur viennent au secours, afin que cette ferme avicole récalcitrante puisse rectifier le tir en entourer ses activités des normes d’hygiène, de santé, de sécurité et d’environnement, dans le respect de la vie humaine et des lois en vigueur au Togo.

Nicolas EDORH

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